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Posts Tagged ‘bernard anton’

no-godJ’écris ce billet pour faire suite à mon autre article «Les religions sont-elles vertes?». Ce papier se veut le complément du premier. Je le rédige, avec la même rigueur et neutralité objectives, par respect pour mes nombreux amis athées (du grec atheos, c’est-à-dire sans dieu) que j’estime beaucoup, et aussi pour reconnaître leur place dans la communauté. J’apprécie cet esprit de dialogue, de respect et de compréhension mutuelle. Ce sera également en lien, en partie, avec l’environnement.

 

Le phénomène généralisé, de plus en plus répandu des athées à travers le monde, dénote le sérieux et l’universalité de ce mouvement. L’exemple très récent d’affichages munis de slogans athées, sur les autobus de quelques villes dont Londres, Barcelone, Toronto et Montréal, démontre l’acuité de ce sujet.

 

Causes éventuelles de l’athéisme

 

En effet, dans toutes les religions et depuis toujours, il y a eu des membres athées, réfractaires au dogmatisme et à l’endoctrinement imposé. Ils ont rompu leur relation aux dieux. Ils l’étaient peut-être dès le début ou le sont devenus, en perdant la foi, suite à une déception profonde des pratiques institutionnelles de leur confession respective. Leur jugement critique a fini par dénoncer et rejeter le mercantilisme et les multiples abus des systèmes religieux sur la scène publique.

 

L’éducation reçue, le régime politique du pays, l’influence de la société, de la philosophie, de la psychologie, de la littérature, de la science, du matérialisme les ont probablement incités à évacuer tout ce qui n’est pas visible, mesurable et vérifiable.

 

Phénomène d’évolution sociologique

 

Trois sondages effectués en France révèlent le nombre recrudescent des athées qui passe de 26 % en 2003, à 44% en 2004, à 64 % en 2006, dont 32% affirment être agnostiques, c’est-à-dire qu’ils estiment que c’est impossible de proposer une vérité certaine ou rationnelle sur Dieu.

 

En Europe de l’Ouest, 25% se déclarent athées en 2004 contre 12% dans les pays d’Europe centrale et orientale. 49 % des Tchèques se disent athées contre 41 % aux Pays-Bas, selon un sondage effectué également en 2004. 20% de l’Espagne s’est déclaré athée en 2008. Aux États-Unis, 8% de la population s’affiche athée en 2007 et 21% agnostique. Au Canada, 23% des citoyens s’affirment athées en 2008 contre 16,5% en 2001.

 

L’athéisme touche toutes les générations et classes sociales, surtout des personnes du troisième âge et de jeunes adultes qui s’estiment libérés, selon leur témoignage, de l’emprise du carcan idéologique religieux.

 

Des personnes célèbres athées

 

Un large éventail de philosophes et d’écrivains bien célèbres, qui sont des génies dans leur discipline, se sont déclarés athées depuis l’antiquité, notamment, Socrate, Épicure, Lucrèce, Démocrite, Pierre Bayle, François Rabelais, Michel de Montaigne, Denis Diderot, Voltaire, Émile Zola, Guy de Maupassant, Jean Meslier (déclaration  posthume), Baruch Spinoza, Robespierre, Stendhal, Auguste Comte, Prosper Mérimée, Bertrand Russel, Arthur Schopenhauer, Friedrich Engels, Friedrich Nietzsche, Nicolas Hartmann, Karl Marx, Thomas Henry Huxley (qui a créé le terme «agnostique»), Georges Bataille (qui a créé le terme «athéologie»), Louis Aragon, Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Albert Jacquard, Michel Onfray, Richard Dawkins, Christopher Hitchens, pour ne citer que ceux-là. Leonard de Vinci avouait, pour sa part, être franchement sceptique.

 

Dès 1680, Pierre Bayle proclamait déjà, avec un remarquable discernement, dans ses Pensées diverses, «L’athéisme ne conduit pas nécessairement à la corruption des mœurs.»

 

Athéisme de l’Extrême-Orient

 

En Extrême-Orient, des traditions, comme le taoïsme, se déclarent athées, et ce, depuis plusieurs siècles. Ils réfèrent plutôt à une sagesse, à des lois universelles, cosmiques dont le respect assure l’équilibre et la paix. Le confucianisme, de son côté, se veut un mode éthique de perfectionnement humain et social.

 

Des maîtres bouddhistes, hautement spirituels, enseignent que la divinité est en soi, dans le Soi. La présence intérieure à la réalité fait émerger la conscience à un niveau supérieur. Le bouddhisme, qui est plus une philosophie qu’une religion, propose une voie (préceptes de détachement, de compassion et de pureté) pour atteindre l’éveil, le nirvana (cessation de la douleur, béatitude).

 

Système de valeurs universelles

 

L’athée rejette, en principe, l’idée d’un dieu personnel, vivant ou d’un être supérieur (Père aimant). Il s’estime le seul artisan de sa destinée, donne lui-même un sens à sa vie existentielle. Pour maintes raisons, il considère la religion comme l’opium du peuple, réagit négativement à la possibilité de l’existence du transcendant. L’idée même de Dieu, qu’il croit symbole forgé, projeté par les êtres humains pour combler leurs attentes humaines, lui semble futile.

 

Comme tant d’autres, l’athée est généreux de sa personne, se dévoue à des causes humanitaires, recherche les valeurs universelles d’amour, de paix, de bonté, d’entraide, de justice, de progrès, de préservation de la nature, mais sans référence religieuse.

 

Un athée qui assume son choix personnel partage les mêmes idéaux de démocratie, de liberté et de respect des droits de la personne. Il s’engage, autant et parfois plus que le croyant, dans l’édification d’un monde meilleur, équitable et sans souffrance. Sa conscience peut être aussi responsable, altruiste, philanthrope que n’importe qui. Il peut rechercher la pureté, à l’instar d’Albert Camus qui rêvait d’un saint sans Dieu.

 

Spiritualité des athées

 

L’athée a une profonde spiritualité (c’est-à-dire une vie de l’âme) objective, bien incarnée dans le moment présent et dans l’histoire. La recherche de la dignité et du bonheur de la personne, la quête d’un bien-être commun, d’une fraternité universelle seraient son option fondamentale. Il prône une société laïque, sans référence au religieux ni à la religiosité qui brandissent continuellement le spectre du péché omniprésent, de la récompense ou du châtiment éternels.

 

Un athée n’est pas un incroyant. Il a sa propre croyance, sa propre voix intérieure, sa propre lumière naturelle qui le guident. Il explique autrement ce que les religions prêchent inexorablement. Il interroge le phénomène religieux dont il accuse les dieux éventuels de ne pas se préoccuper de l’humanité souffrante.

 

Implication dans la préservation de l’environnement

 

J’avancerai quelques exemples récents de personnalités qui ont servi d’une façon admirable l’humanité et la cause environnementale :

  • James Lovelock (médecin, biologiste, cybernéticien britannique, ex-conseiller de la NASA) s’affiche lui-même « agnostique positif ». Il a ressuscité la théorie antique de la Terre-Gaïa. Il présente notre planète comme une totalité vivante, un vaste organisme vivant qui s’autorégule (hypothèse biogéochimique validée scientifiquement). Elle séduit les « earth based religions » (religions terrestres, sans aucun renvoi à l’au-delà), les adeptes du Nouvel Âge, les néo-païens qui y trouvent un principe d’action responsable envers l’organisme vivant Terre.
  • Un professeur de philosophie qui se déclare ouvertement athée, pourtant très grand humaniste, soucieux de faire, plus que le plus fervent des missionnaires, des gestes concrets pour assurer, par exemple, un environnement plus viable aux pays en développement, comme creuser des puits dans les villages les plus reculés, leur fournir de nouvelles sources d’énergie et des semences à cultiver.
  • Les 14 savants russes qui, sans aucune allégeance confessionnelle ou religieuse, ont préféré mourir de faim plutôt que de céder, assiégés par les nazis, à l’Institut Nikolaï Ivanovitch de Leningrad, à l’hiver 1942, devant des sacs de spécimens de riz, de pommes de terre et de semences uniques et précieuses, contenant des ressources génétiques rares, recueillis à travers le monde, nécessaires à l’alimentation des générations futures et au maintien de la biodiversité planétaire.
  • Les travailleurs humanitaires athées qui risquent volontairement leur vie pour secourir les populations prises en otage sur les lignes de combat.
  • Les différentes ONG qui œuvrent de par le monde, également sans aucune référence religieuse, uniquement pour le bien de l’humanité. Elles sont dévouées et efficaces en matière de résolution de la crise écologique mondiale. Ils conçoivent d’excellents programmes d’intervention et de conscientisation environnementale, se basant sur les principes de développement durable, de conservation et de partage équitable des ressources de la planète. 

 

«Rupture civilisationnelle»

 

La révolution française a déclanché cette «rupture civilisationnelle» historique forte avec le religieux, selon l’expression de Françoise Champion. Elle a libéré l’État de l’emprise du religieux. Depuis, la société sécularisée, ainsi que, plus tard, la Charte des droits de la personne de l’ONU, autorisent et protègent le choix libre et personnel de croyances des citoyens du monde entier. Une telle séparation est saine. Un tel droit est nécessaire. Ceci évite les écueils du totalitarisme et les possibles persécutions causées par l’intolérance. Et pourtant…

 

Notons qu’il y a deux mille ans, c’était les chrétiens qui étaient appelés athées par l’empire romain parce qu’ils refusaient de brûler un peu d’encens devant ses dieux. Depuis dix-sept siècles, c’est le contraire qui se produit. N’est-ce pas une preuve de relativité ?

 

Intégration mutuelle

 

Tout compte fait, au seuil de ce troisième millénaire, il est juste et souhaitable d’arrêter d’étiqueter ou de différencier. Intégrons donc tous les individus, tous les groupes, tous les régimes de pensée, sans aucune discrimination, dans une commune, paisible et joyeuse convivialité. C’est là un signe de maturité et d’adhésion authentiques aux vraies valeurs nobles et universelles préconisées par les uns et les autres.

 

Bernard Anton, Ph. D.

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école verteL’école est le terreau par excellence où les générations futures sont formées et sensibilisées aux problématiques du monde. Une éducation écoresponsable solide les rend performantes, aptes à faire les meilleurs choix sociaux, politiques et environnementaux. Pour venir en aide aux intervenants scolaires, j’ai conçu un programme vert sur mesure, DASE (Découvrir, Aimer, Soigner l’Environnement), applicable facilement à différents niveaux d’enseignement.

Description

DASE est un comité environnemental parascolaire qui peut être créé dans chaque école. Un ou deux enseignants initiés et sensibilisés à l’environnement peuvent animer ce comité (composé surtout d’élèves) et mobiliser toute l’école.

Objectifs

Les objectifs du comité DASE sont principalement de :
• sensibiliser l’ensemble des élèves aux problèmes actuels de l’environnement;
• développer leur conscience écologique, leur sens de la responsabilité, leur solidarité avec les éléments de la nature;
• favoriser un agir socio-environnemental;
• viser d’une façon pratico-pratique des compétences cognitives, affectives, sociales et comportementales en lien avec l’environnement;
• rapprocher les élèves entre eux et leur milieu;
• développer chez eux un sentiment d’appartenance;
• veiller à ce que leur école respecte la récupération des matières résiduelles et l’esprit du développement durable.

Plan d’action

Un plan d’action, avec trois approches pédagogiques, peut être échelonné, par trimestre, sur l’ensemble de l’année scolaire.

Approche cognitive : L’automne pourrait être consacré à la découverte et à la connaissance de la crise écologique actuelle (état de la question; visites de centres d’interprétation de la nature…).

Approche réflexive : Après cette première prise de conscience, l’hiver convient au mûrissement de la réflexion, à la compilation et à l’analyse des données recueillies, à l’évaluation des enjeux graves.

Approche pratique : Le printemps serait favorable à l’action concrète, aux soins de la Terre (plantation d’arbres et de fleurs, campagne de propreté, ménage de la cour d’école, plantation et soin de semis).

Stratégies organisationnelles

Un plan de communication des informations peut être établi par le biais d’une grande exposition annuelle qui aurait lieu au gymnase ou à la cafétéria de l’école. Les élèves partageraient leurs découvertes et connaissances en matière d’environnement. Il y aurait plusieurs kiosques regroupés par thématique (eau, désertification, forêts, faune menacée, couche d’ozone, fonte des glaciers, énergies renouvelables…). Un babillard de l’école peut être réservé à DASE et alimenté à l’année longue.

Un plan de valorisation peut être envisagé : un certificat d’engagement et d’implication active serait décerné par la direction à ceux et celles qui se seraient illustrés dans ce comité.

Un plan d’évaluation ferait, en fin d’année, le bilan des résultats obtenus : l’impact de ces activités environnementales sur l’agir éthique individuel et collectif de l’ensemble des élèves; leur degré de sensibilisation et de réceptivité concernant la nécessité de réduire l’empreinte humaine sur l’environnement; leur niveau de développement intégral (travail d’équipe, solidarité, créativité, éco-socio-responsabilité, pensée critique, gestion de projet); leurs compétences développées (savoir-faire, savoir-être, savoir-agir, pouvoir-faire, capacité de résolution de problèmes); la quantité de papier, de cannettes, de verre, de plastique recyclés; le nombre de gestes environnementaux effectués; l’amélioration du sentiment d’appartenance, de l’estime de soi…

Exemples d’activités environnementales

• Visionner des films sur l’environnement;
• Présenter des conférences sur l’environnement;
• Visiter le Salon de l’environnement ou assister au Festival mondial de la Terre, puis rédiger un compte rendu sur un kiosque, une pratique, une découverte ou une nouvelle invention;
• Entreprendre une tournée verte du quartier ou un court voyage d’écotourisme;
• Lancer un concours d’objets recyclés ou revalorisés;
• Exposer des œuvres d’art créées avec du matériel récupéré;
• Installer sur les murs de l’école des courtepointes, des sacs confectionnés par des élèves avec des bouts de tissus offerts par la population étudiante;
• Installer un composteur près de la cafétéria et une mangeoire dans la cour de l’école;
• Transformer un local peu utilisé en salon vert où il y aurait beaucoup de plantes, un aquarium; y diffuser une musique environnementale (chants d’oiseaux, bruit de l’eau);
• Lancer un concours de slogans et d’illustrations sur le thème de l’environnement;
• Aménager un jardin intérieur entretenu par les élèves;
• Leur demander de mener un sondage ou une enquête sur un thème environnemental après en avoir rédigé eux-mêmes les principales questions;
• Participer à un projet Afrique ou Haïti : envoyer, par exemple, à ces pays des semis achetés grâce au profit de campagnes de financement vertes;
• Cibler des partenaires potentiels pour financer l’achat et l’installation d’un système de chauffage solaire ou d’un panneau solaire dans un local de l’école.

Pertinence du projet DASE

DASE met en valeur le rôle primordial de l’environnement dans la vie de tous les jours. Il rapproche toutes les ethnies, suscite une dynamique de fierté et de plaisir à fréquenter l’école dont l’image se trouve bonifiée et inspirante pour son milieu. Il diminue le taux d’absentéisme, de morbidité, de vandalisme. Il développe l’enthousiasme, la motivation, l’estime de soi, l’engagement, l’esprit d’initiative, la communication, le sentiment d’appartenance et de responsabilité de l’apprenant. Ce dernier transporte par la suite ces apprentissages verts, cette culture verte dans son milieu de travail, social et familial.

Bernard Anton,
Extraits de Plaidoyer pour la Terre et les Vivants, éd. Marcel Broquet, 2009

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ecologyCe texte peut être considéré comme un rappel au quotidien de notre écoresponsabilité. Il peut nous aider à prendre conscience de l’importance de chaque geste que nous effectuons à l’égard de l’environnement, si minime soit-il.

Pour empêcher que chaque jour la pollution des sols, de l’eau, de l’air et de la nourriture augmente, avec toutes ses conséquences sur le climat, l’écosystème, la santé, le présent, le futur, je m’engage librement et avec joie à contribuer, autant que je peux, à la sauvegarde de l’environnement et des espèces en diminuant mes empreintes écologiques.

Je choisis, à titre d’écocitoyen responsable et solidaire, par respect pour la Terre qui est notre Mère, qui nous nourrit et nous héberge, par respect aussi pour les Vivants, de faire plusieurs gestes constructifs et réfléchis, à la maison, au travail et dans mes loisirs. J’opte pour un mode de vie plus modéré, le moins polluant possible. Je privilégie l’être à l’avoir. Je gère et réduis ma consommation d’énergie, d’eau, de biens inutiles et non recyclables, de ressources non renouvelables. Je gère et réduis au minimum ma production de déchets. Je recycle. J’essaie de réparer les dégâts environnementaux et d’être vert dans toutes les dimensions de ma vie. Je sensibilise les autres à l’importance d’un environnement sain, au rôle primordial de la végétation et à la fragilité de l’équilibre de la biosphère. Je m’implique socialement et politiquement pour que le souci de l’environnement physique et humain soit une des plus grandes priorités.

Je fais de mon mieux pour protéger la force de vie qui veut vivre. Je suis conscient que chaque geste que je fais, en harmonie avec la nature, en union avec tous les écocitoyens de la planète, constitue un pas de plus vers la guérison de l’environnement et conduit à une meilleure qualité de vie, au bien-être de tous.

Bernard Anton, Ph. D.

Auteur de Plaidoyer pour la Terre et les Vivants

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terre2(Notre voeu pour le Jour de la Terre)

Nous nous engageons
aujourd’hui et chaque jour
à te sortir de ta crise de pollution !
 
Tu peux compter sur notre participation !
Nous le faisons pour toi pour nous
pour les générations futures !
Nous avons besoin d’air pur !
 
Nourris tout le monde !
Continue à nous donner de tes richesses
qui abondent !
 
Nous allons prendre bien soin de toi !
Promis ! Nous referons de toi un paradis
comme tu l’étais avant !
 
Notre environnement est si beau à regarder !
Il ne faut pas le polluer !
On ne veut pas mettre des masques à oxygène
pour respirer
comme nous le voyons parfois à la télé !
 
Vive l’air pur que tu nous offres avec gratuité !
Donne à tous de l’eau pure !
Tu es notre Terre, notre Mère, notre Avenir !
 
Réveille toutes les consciences !
Empêche-nous de te polluer avec indécence !
Empêche-nous de rendre gris et brun ton ciel si bleu, si divin !
On va tous se donner la main !
 
Tous les enfants de tous les coins de la Terre
auront leur jardin
leur beau lopin vert !
 
Nos industries et gouvernements nous promettent beaucoup d’argent !
Des postes brillants !
Mais à quel prix ! Nous te polluons tout le temps !
 
Nous ne voulons ni guerre ni pollution !
Nous voulons vivre ensemble en harmonie, sans discorde
avec une nature toujours verte et propre !

 

Carl, Nadia, Lisa, Zohra, Marie, Zara – Atelier de création littéraire animé par Bernard Anton, Ph. D.

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santeenvironnementLes médias ont largement couvert, ces derniers jours, les pics de smog de plus en plus longs et fréquents dans la région de Montréal. L’hiver 2009 a battu tous les records : 48 jours de smog sur 90 (un jour sur deux!), soit trois fois plus que l’hiver précédent (16 jours) et cinq fois plus que l’hiver 2005 considéré à l’époque (pour le mois de février) bien exceptionnel (9 jours). Plus il fait froid, plus il faut chauffer !!!

 

Les 100 000 poêles et/ou foyers au bois (et à l’huile !) de Montréal sont responsables de 50 à 60 % de cette pollution atmosphérique. Les véhicules, qui roulent notamment sur le diesel, libèrent 18 % des particules fines, oxydes d’azote et composés organiques volatiles toxiques qui s’accumulent et forment l’ozone mortel, faute de vents. 1000 personnes en meurent chaque année au Québec, surtout dans la métropole.

 

Un troisième facteur, passé souvent sous silence, contribue également à cette toxicité de l’air : les abrasifs ou sels de voirie répandus sur la glace pour éviter les dérapages.

 

Ceci n’est qu’un petit exemple de plus pour nous rappeler que l’environnement est un facteur déterminant pour le maintien en bonne santé. L’impact de la qualité du sol, de l’eau, de l’air sur notre organisme est évident. Malgré cette menace réelle sur la santé publique, on continue à polluer. Les mesures prises demeurent très faibles et insuffisantes.

 

La pollution industrielle, les pluies acides, les gaz à effet de serre, l’amincissement de la couche d’ozone, la contamination des sols, la prolifération des insectes porteurs de microbes, les canicules, l’eau contaminée, les pesticides, l’usage de peintures ou d’essences contenant du plomb (encore dans plusieurs pays), l’occupation d’habitations insalubres, le manque de systèmes sanitaires adéquats, l’environnement malsain des travailleurs, la prolifération de bactéries, de bacilles et de spores à cause de moisissures répandues dans les bâtiments, les bureaux munis de fenêtres qui ne s’ouvrent pas et mal ventilés, constituent des dangers graves pour la santé des êtres humains, aussi pour la vie végétale et animale. Des millions de personnes en meurent chaque année.

 

Pour n’en citer que quelques exemples, la bilharziose, causée par le contact avec l’eau polluée, tue encore, en 2009, des millions de personnes en Afrique, notamment au Burundi où un habitant sur huit en est atteint. La malaria, le choléra, la typhoïde fauchent annuellement des millions de vies sur plusieurs continents.

 

Les émissions de monoxyde de carbone, d’oxyde d’azote, de plomb, de benzène, de dioxyde de soufre, de mercure et d’hydrocarbures causent la bronchite, la leucémie, le cancer. Ils se déposent dans l’organisme, perturbent les systèmes hormonal, nerveux et reproducteur, pénètrent dans les gènes et dans le lait maternel, sont transmis aux nouveau-nés.

 

Les incendies de forêts, les éruptions volcaniques extrêmement polluantes, les terres dévastées par l’abattage sauvage d’arbres dégagent également plusieurs gaz qui contribuent davantage à la pollution de l’environnement.

 

Les désastres écologiques accidentels comme Tchernobyl (26 avril 1986), Saint-Basile-le-Grand (23 août 1988), le naufrage de pétroliers (assez courants), ont leurs effets pervers sur le bien-être des gens, la qualité de leur nourriture et les écosystèmes.

 

Cette réalité est devenue notre lot quotidien. Il y a vingt ans, les scientifiques nous avertissaient du danger à venir. Maintenant nous y sommes pour vrai et tout se précipite.

 

Un commissaire européen à l’Environnement, Stavros Dimas, vient d’avouer : « Même si nous réduisons à zéro nos émissions de gaz à effet de serre, à ce stade, il n’est plus possible d’inverser la machine du changement climatique et ses conséquences sont irréversibles. Aucun pan de nos économies n’échappera à cela. »

 

Seulement en Europe, entre 6 et 31 milliards de dollars seraient dépensés chaque année d’ici à 2030 pour tenter de minimiser les dommages causés par ces bouleversements climatiques, évalués à 25 milliards d’euros depuis 1998. Ça aurait coûté moins cher si on s’était mobilisé plus tôt.

 

La réduction des GES de 20 % n’est plus efficace. Il est question aujourd’hui de 30 % par rapport à leurs niveaux de 1990 si on veut éviter les deux degrés additionnels redoutables en 2050.

 

Les experts, réunis à Copenhague, confirment le rythme accéléré du réchauffement, avec comme retentissements : ouragans plus fréquents et plus intenses, pénuries d’eau, inondations meurtrières, températures extrêmes, récoltes menacées, etc.

 

Le corps humain saura-t-il s’y adapter ? Sa santé serait-elle à la hauteur de ses ambitions ?

 

La crise environnementale qui s’accentue déclenche malheureusement une crise économique, sociale, humanitaire. La santé n’y échappe pas.

 

Bernard Anton, Ph. D.

Auteur de Plaidoyer pour la Terre et les Vivants

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foret5À un mois presque de la fête du Jour de la Terre le 22 avril, j’invite les lecteurs à réfléchir, d’une façon particulière, au rôle primordial de la forêt. En effet, les arbres de la forêt nous rendent, depuis des milliers d’années, des services gratuits et non monnayables, ils contribuent d’une façon substantielle au maintien de l’équilibre des écosystèmes.

En voici quelques exemples. Ils :

     

  1. captent le gaz carbonique qui est dans l’atmosphère et constituent un véritable puits de carbone qui piège jusqu’à 20% de nos GES (six arbres matures éliminent 1 tonne de CO2 par an. 1 km3 de jeune forêt élimine 4 millions de tonnes de CO2 par an),
  2. purifient l’air des éléments polluants,
  3. dégagent de l’oxygène (chaque arbre produit en moyenne 118 kg d’oxygène par an),
  4. améliorent la qualité de l’air,
  5. protègent le sol,
  6. empêchent l’érosion,
  7. gardent l’humidité du sol,
  8. servent (avec leurs racines) de filtres naturels pour purifier l’eau,
  9. constituent un habitat important pour la sauvegarde de la biodiversité (diversité des animaux et des plantes médicinales),
  10. abaissent la température de quelques degrés,
  11. augmentent le taux d’humidité de l’air de 50 %,
  12. créent des nuages,
  13. amènent la pluie,
  14. empêchent la sécheresse, les inondations, la désertification,
  15. participent au maintien de l’équilibre climatique.

En plus de servir d’habitat naturel aux animaux, la multitude de services, rendus gratuitement par la nature (dont la régulation des températures, etc.) sont estimés à 33 000 milliards de dollars par année.

Quels gestes pouvons-nous poser pour défendre concrètement nos amis les arbres, et ce, pour notre propre intérêt et celui de nos enfants ?

Nous pouvons planter des arbres, minimiser à la source notre consommation de papier et de carton, n’en consommer que ceux faits avec des matières 100% post-consommation, les recycler par la suite, utiliser le recto verso, soutenir l’initiative de Richard Desjardins qui essaie de protéger la forêt boréale, faire des recherches sur Internet sur le rôle des arbres et de la forêt, lire ces informations à nos enfants, les conscientiser sur l’importance de chaque arbre et de l’environnement, boycotter les arbres verts de Noël, souscrire à un groupe environnemental, signer les pétitions qui circulent pour arrêter le génocide de la forêt amazonienne, exiger de notre municipalité de planter des arbres, de concevoir de nouveaux parcs, demander à nos gouvernements (au niveau provincial et fédéral) de déclarer plusieurs zones vertes “aires protégées”. Présentement, 4,6 % des aires du Québec sont protégées et seulement 10 % de celles du Canada, alors que la norme mondiale est de 12 %…

Et je vous laisse continuer la liste.

 

BON JOUR DE LA TERRE !

 
 

Bernard Anton, Ph. D.

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Christianisme_ecologieEn ces temps de crise environnementale où différents rapports d’experts, incluant chimistes, biologistes, climatologues, météorologues, océanologues, glaciologues, expliquent les raisons mécaniques du réchauffement global, où économistes et politiciens tentent de pallier tant bien que mal cette problématique, qu’est-ce que les religions ont à dire à l’écologique ?

 

Très rares les articles publiés dans les médias qui relatent la pensée environnementale des principales croyances. En effet, qu’est-ce que la révélation ou la foi a à faire dans cette machine climatique qui agit selon des lois physiques?

 

Essayons d’effectuer, sans parti pris confessionnel, une recherche objective en la matière pour vérifier si l’environnement fait partie intégrante du discours de plusieurs religions. Conçoivent-elles la Terre comme un objet profane?

 

La religion judéo-chrétienne considère l’être humain comme gardien et non dominateur de la création (malgré la polémique qui a tourné autour de ce sujet). La nature, souvent personnifiée dans la Bible, est vivante et agissante. Une éthique environnementale prescrit, chaque sept ans, une année sabbatique autant pour le sol que pour les êtres humains et les animaux. Ces derniers, créés et bénis par Dieu, selon le récit de la Genèse, méritent le respect. « Le juste prend soin de la vie de ses bêtes » stipule le livre des Proverbes (12, 10).

 

Jésus était vert. Il a vécu en contact permanent avec les éléments de la nature. Il s’en est servi pour alimenter ses paraboles. Il était sensible aux conditions météorologiques et climatiques de son époque. Il a calmé les flots de la mer et les vents. Il a intégré plus d’une quarantaine de fois l’exemple des animaux à la transmission de son enseignement théologique. Il a invité ses auditeurs à vivre éveillés, libérés et renouvelés, en harmonie avec tous les éléments de la création. Paul de Tarse préconise un Christ cosmique dont la création entière fait partie.

 

La religion juive a institué plusieurs fêtes liturgiques en lien avec la préservation de la nature comme la « Tou Bichbat » (Nouvel An des arbres) durant laquelle un arbre est planté en action de grâce pour la beauté de la nature et le cadeau de la vie. La nature y est considérée comme un interlocuteur qui renvoie l’être humain à Dieu.

 

La religion musulmane considère la création comme un chef-d’œuvre de beauté à respecter et à préserver. Le Coran enseigne que l’être humain en qui est insufflé l’esprit de Dieu (32,9) est le «lieutenant de Dieu sur la Terre» (2,30), son «vicaire», le «prolongateur de sa création», le «locataire de la Terre» (7,10). La Terre ne lui a été que concédée. Elle est son «lit» (2,22), son «berceau» (78,6; 20,53). Mahomet enseignait : «Le monde est vert et beau, et Dieu t’en a confié la garde», aussi «Celui qui plante un arbre et en prend soin jusqu’à ce qu’il grandisse et porte du fruit sera récompensé.»

 

L’hindouisme respecte toutes les créatures végétales et animales. Selon les Védas, la vie devient douce pour celui qui vit en accord avec la loi du cosmos. L’écart de cette loi (Dharma) entraîne un désordre universel. Un proverbe hindou stipule : « La Terre est notre Mère, nous sommes tous ses enfants. » Les Sikhs s’abstiennent de viande par respect pour Atman (le souffle divin) qui réside dans la vie animale, d’où leur forte tendance au végétarisme.

 

Le bouddhisme est essentiellement écologique et prône une attitude absolument respectueuse de toutes les formes de vie: arbres, animaux, êtres vivants. Il se situe aux antipodes de ceux qui font de l’être humain un possesseur et un exploiteur de la Terre. Un des vœux du Bodhisattva est de libérer tous les êtres y compris ceux inanimés. Selon la théorie de l’interdépendance, les conséquences de l’agir humain se répercutent sur ceux qui l’entourent et sur l’ensemble de l’environnement. Le Dalaï-Lama stipule : «Fondamentalement, chaque individu est responsable du bien-être de l’humanité et de la Terre parce que la Terre est notre seule demeure.»

 

La spiritualité baha’ie, qui se veut la réunion de toutes les religions, enseigne à son tour l’interdépendance entre l’être humain et son environnement. L’un ne peut être séparé de l’autre. L’un influence, détermine, «façonne» l’autre. La nature reflète la présence, le mystère et les attributs du divin. Ce mouvement croit que tous les êtres humains sont «consubstantiels au monde», unis organiquement entre eux et les règnes minéral, végétal et animal.

 

Les premières civilisations, comme celles des Aztèques, des Mayas, des Incas ou des Kogis de la Colombie représentaient la Terre comme déesse vivante qu’elles considéraient comme leur Mère secourable, féconde, mais aussi dispensatrice de mort. Elles vivaient en harmonie avec la nature, vénéraient le soleil, lui reconnaissaient des pouvoirs. Les Égyptiens, de leur côté, estimaient que les animaux étaient des messagers des dieux, donc munis d’une âme immortelle. Pour les anciennes tribus d’Amazonie, pour les Esquimaux et pour les Inuits de Sibérie, la création ressemble un livre sacré dont il faut savoir interpréter les signes. Ils ne peuvent nullement envisager la destruction ou la dégradation de l’environnement.

 

Les animistes reconnaissent dans les éléments de la nature des esprits vivants et des forces cosmiques avec lesquels ils rentrent en dialogue et établissent un pacte comme celui entre des parties et un Tout.

 

Les Amérindiens vivent très proches de la nature. Ils l’appellent également «Notre Sainte Mère la Terre» (proverbe winnebago). Les êtres humains, «enfantés» par la Terre, en constituent une part qu’ils ne peuvent oublier et de laquelle ils ne peuvent se voir séparés. Pour eux, le corps est plus qu’une enveloppe. Il trouve dans l’air, dans l’eau et dans les autres éléments de la nature sa propre extension. Il fait partie de la grande famille de la nature.

 

Le court survol de ces différentes croyances ne permet-il pas de considérer la Terre sacrée, confiée, partenaire de l’être humain? Un tel regard spirituel sur la nature ne semble-t-il pas prôner sa protection et sa préservation? Le discours de ces sagesses ancestrales (qui se ressemblent malgré les différences) éclairerait peut-être les consciences de ceux et celles qui veulent bien les accueillir en vue d’une conduite écologique sociétale responsable.

 

En ce troisième millénaire, entamé avec une sombre crise écologique à l’horizon, serions-nous prêts à réviser notre être-au-monde et notre relation avec la nature de laquelle nous dépendons? La source de la vraie crise ne serait-elle pas plutôt intérieure et spirituelle à cause de notre manque de respect et éloignement des limites de la nature? Ne serait-ce pas le reflet de ce qui se passe en dedans de nous?

 

La nature n’est pas présentée, par aucune de ces religions, comme un simple decorum ni comme une mine de ressources à exploiter sans mesure. Pourquoi alors persister à la chosifier aujourd’hui?

 

Bernard Anton, Ph. D. et auteur de Plaidoyer pour la Terre et les Vivants

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giecLe grand public n’est pas très au courant de la controverse scientifique verte qui est pourtant bien réelle et bien vive. Les médias, qui couvrent généreusement les conférences de l’ONU sur l’environnement, font de ces informations diffusées à l’échelle de la planète une source officielle, voire une référence solide, une vérité immuable qui forme l’opinion publique. Ensuite, peu de voix osent protester ou critiquer ces grands créneaux de pensée au risque d’être marginalisées.

 

Malgré le nombre impressionnant de scientifiques (presque 2 000) qui oeuvrent au sein du GIEC, organisation environnementale de l’ONU (je les félicite en passant pour leur beau travail), le consensus est loin d’être atteint entre les experts, même entre ceux cités par l’ONU comme étant favorables à ses rapports. Je trouve ça correct et normal. C’est ainsi que la science évolue.

 

Des chercheurs, pourtant tous bien verts, ne sont pas d’accord entre eux sur divers chiffres et conclusions publiés dans les derniers rapports du GIEC. Tantôt ils leur reprochent leur réserve, tantôt leur exagération, tantôt leur méthode faillible et imparfaite, tantôt l’imprécision des prévisions de leurs modèles numériques qui n’incluent pas les variations et phénomènes géologiques, tantôt leurs fausses statistiques sur la température, tantôt leur politisation, même leur parti pris. Voici quelques cas de figure qui nous incitent à développer une «lecture juste, éclairée et objective» de l’impact anthropique (dû à l’activité humaine) et de l’impact de phénomènes naturels (cycliques ou ponctuels) sur le climat :

 

· Plusieurs prestigieux chercheurs et institutions s’opposent ouvertement aux rapports du GIEC tels : l’Institut Pasteur (Paris), l’Université de Londres, Patrick Frank, the National Academy of Sciences, the American Physical Society (APS), etc. Ils reprochent, entre autres, aux prévisions du GIEC d’être timides et réservées. Les quatre rapports publiés jusqu’à maintenant seraient, selon ces sources, mitigés afin de convenir aux politiciens et aux gouvernements et ne pas trop choquer l’opinion publique. En effet, les rapports du GIEC ne sont publiés qu’après les avoir envoyés aux grandes puissances et qu’après avoir reçu leur consentement ! Les chiffres réels publiés concernant, par exemple, la hausse des températures et du niveau de la mer seraient bien plus graves. Paul Joseph Crutzen (Prix Nobel de chimie) avoue à ce propos : «Si les prévisions du GIEC souffrent d’un défaut, c’est d’être conservatrices.»

 

· Des universitaires australiens démontrent que le réchauffement des océans pour la période 1960-2000 a été supérieur de 50 % aux chiffres utilisés et publiés par le GIEC, lesquels chiffres seraient biaisés à cause d’un mauvais calcul ou d’un compromis.

 

· Des scientifiques britanniques, du British Antarctic Survey, dont Julian Scott, attribuent, en février 2008, la fonte des glaciers à une activité volcanique qui se produit sous les banquises et à des points chauds (hotspot) dus à la minceur de la couche terrestre qui laisse émerger parfois la chaleur du magma géothermique.

 

· L’impact du dioxyde de carbone sur la fonte des glaciers ne fait pas l’unanimité. Alors que la majorité des scientifiques attribuent la responsabilité du réchauffement climatique au CO2 qui fait fondre les glaces, des chercheurs de l’Université de Cardiff (Angleterre), qui ont publié les résultats de leurs études dans le journal Geology, en doutent. Les archives et les examens de carottes glaciaires indiquent, selon ces derniers, qu’à quelques reprises, il y a 70 000 ans ou 120 000 ans, les glaciers avançaient même quand les concentrations de CO2, produites naturellement à l’époque par les organismes vivants, les activités volcaniques ou les phénomènes géologiques, étaient deux fois plus importantes que les niveaux actuels dans la biosphère.

 

· Les glaciers n’auraient pas diminué durant les années 90 selon le Département d’Océanographie à l’Université Göteborg (Suède). Un rapport publié dans le Journal of Geophysical Reserach par des spécialistes français et suisses en hydrologie et en glaciologie de l’Observatoire des Sciences de l’Univers de Grenoble (OSUG), avec la collaboration des Programmes européens ALPCLIM et CARBOSOL et la ville de Chamonix, allèguent en juin 2007 que le Mont Blanc n’est pas affecté par les changements climatiques du XXème siècle.

 

· La température dans la région des glaciers de l’Antarctique aurait commencé à se réchauffer depuis 150 ans, selon David Schneider de l’Université de Washington qui soutient cette hypothèse dans le Geophysical Research Letters (donc bien avant l’ère industrielle et nos émissions excessives de GES) et a commencé à refroidir dans les années 1990. Ce refroidissement est dû, selon lui, au phénomène de l’Oscillation (oscillations entre les phases positives et négatives de la pression atmosphérique dans les latitudes du sud).

 

· Des chercheurs attribuent plutôt à El Nino qui était très actif durant les 20 dernières années, réchauffant de 14 degrés les eaux de l’océan Pacifique et entraînant des pluies diluviennes, la responsabilité de la fonte des glaciers de l’Amérique du Sud.

 

· Un bon nombre d’experts affirment, à contre-courant, que le couvert (épaisseur et volume) de glace en Arctique, et un peu partout dans le monde, a augmenté ces dernières années[1]. Contrairement aux prévisions de réchauffement climatique du GIEC, ceux-ci prévoient le début d’une nouvelle ère de glaciation.

 

· Des scientifiques britanniques de Cape Verde Observatory attestent qu’une réaction océanique chimique favorable, plus active que prévue, riche en hydroxyle et planctons, est en train de nettoyer l’atmosphère et absorber le redoutable méthane. D’autres chercheurs des Universités Leeds et York qui ont mesuré la diminution du taux d’ozone dans l’océan Atlantique tropical confirment ces mêmes résultats.

 

· L’Astronomical Society of Australia annonce pour les 30 prochaines années, contrairement à toutes les prévisions des rapports du GIEC, un refroidissement global dû à la diminution de l’activité solaire[2] et à un changement dans sa fréquence de rotation. La Space and Science Research Center (SSRC) déclare en juillet 2008 que la Terre a commencé son ère de refroidissement climatique malgré les records de réchauffements isolés.

 

· Une étude[3] sur le climat de l’Université de Rochester (David H. Douglass), de l’Université de l’Alabama (John R. Christy) et de l’Université de Virginie (S. Fred Singer) témoigne de changements climatiques cosmiques, dans presque tous les coins du système solaire, de Mars à Pluton, de Jupiter aux lunes de Neptune. Les variations des activités du soleil en seraient le premier responsable.

 

Malgré les différences parfois importantes dans la découverte et connaissance de la très complexe machine climatique tributaire de plusieurs facteurs interreliés et de chaînes d’effets (le champ magnétique solaire qui affecte le flux de rayons cosmiques vers la Terre qui affecte à son tour la formation de nuages et les vapeurs d’eau), malgré les quelques opinions qui minimisent l’empreinte écologique de l’activité humaine, malgré cette controverse qui est loin d’être terminée, j’estime que nous ne pouvons toujours pas pratiquer la politique de l’autruche devant l’état pitoyable de la biosphère et le haut degré de pollution (particules fines, pics de smog surtout en milieu urbain), dû essentiellement au CO2[4].

 

Peut-on ignorer les deux milliards additionnels de tonnes de carbone, émises en l’espace de dix ans dans la mince couche d’air (fermée et limitée) qui nous entoure ? L’utilisation accrue et plus rapide que prévue de combustibles fossiles fait que les GES s’accumulent, empoisonnent l’air ambiant et en altèrent à long ou moyen terme la composition chimique. Ces milliards de tonnes de carbone causent des maladies diverses, se transforment en pluies acides qui endommagent la végétation et polluent les cours d’eau. Les effets graves, dus directement au CO2, sur la santé publique (quoi de plus précieux que notre bien-être !?) peuvent-ils être négligés ?

 

Ces gaz qui forment une couche de plus en plus épaisse autour de la Terre la prennent en otage. Ils serrent l’étau autour de notre planète, soit en la réchauffant par l’effet de serre, soit en la refroidissant par l’effet de nuages opaques qui empêcheraient les rayons du soleil de réchauffer la Terre (comme dans le cas du soufre dégagé par les volcans en éruption).

 

Si des facteurs naturels et cycliques du changement climatique échappent à notre contrôle, je pense que nous avons tout de même une part de responsabilité immédiate pour ne pas provoquer davantage de perturbations et empirer la situation.

 

Il serait, tout compte fait, absurde de ne pas préserver notre environnement et de ne pas empêcher la dégradation des écosystèmes. Il serait irresponsable de s’entêter à surexploiter, à surpolluer et à surépuiser notre environnement et notre biosphère indéfiniment et égoïstement, connaissant bien qu’ils sont fragiles et bien limités. Ce serait comme négliger d’entretenir sa maison et la garder propre sous prétexte que la foudre un jour la frappera !

 

Donc, oui, les activités humaines ont un impact direct sur l’environnement, oui aussi pour les activités cycliques, solaires et cosmiques hors de notre portée qui affectent également notre environnement. Reste à savoir quelle proportion de responsabilité accorder aux facteurs humains et/ou naturels. Ça peut varier entre 20 et 90 %, selon les experts !

 

Cette réflexion n’est pas pour dénigrer les louables accomplissements du GIEC qui s’est mérité dernièrement le prix Nobel (partagé avec Al Gore), mais pour tout simplement être conscients de la vision autre de plusieurs scientifiques qui expliquent les choses différemment. C’est, selon la méthodologie classique : proposer la thèse, reconnaître l’antithèse, avant d’établir sa synthèse. À vous maintenant de tirer votre synthèse.

 

Bernard Anton (BEN)

 

 

[1] Cf. Pour la longue liste des glaciers en expansion : www.iceagenow.com. Voir aussi la revue Science (Janvier 2002) qui avance que des glaciers dans certaines régions de l’Antarctique s’épaississent.

[2] John L. Casey, directeur du SSRC, parle d’hibernation solaire.

[3] Source : International Journal of Climatology du Royal Meteorological Society.

[4] Un exemple flagrant, tout récent : Pékin ferme presque la moitié de ses usines et limite la circulation de ses voitures durant près de six mois, avant les fameux jeux olympiques, afin de diminuer le CO2 et d’autres polluants de son atmosphère. C’est un succès. Les athlètes peuvent respirer et performer ! C’est une autre preuve de notre impact sur notre environnement.

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apu-3-y4quazkl5tiqrd3azp6loirkMon domaine c’est la Terre      Je voyage depuis des millénaires      partout dans la troposphère      Des milliards de personnes m’inspirent m’expirent      des millions de fois      à chaque respiration depuis des      générations

Je suis atome voyageur      poussière minérale végétale      animale      me transforme      me métamorphose      demeure indissoluble      à travers les âges      les formes

J’étais là lors du big-bang      lors des premières activités volcaniques      Je fais partie des premières cellules      des premières vies minuscules      Je suis dans tous les organismes      dans tous les processus photosynthétiques      Les nuages le vent la pluie les ruisseaux      me transportent      me fécondent      Je les féconde      J’atteins les extrémités du monde

Je suis un sous-élément de tout ce qui vit      Je capte les polluants toxiques      les gaz chimiques que vous me crachez      BPC CFC DDT DID

Je suis en continuelle pérégrination      Je m’insère dans la chaîne alimentaire      dans votre système immunitaire      loge dans votre cerveau      Ne me polluez pas      Vous m’ingurgitez      Il n’y a aucune dérogation

Je suis votre lien avec      les générations présentes passées futures      Je suis votre premier et dernier souffle       la matière la plus chère      pourtant gratuite      absolument nécessaire      Je maintiens vivante votre planète

Ne vous racontez pas d’histoires mensongères      Ne vous cachez pas dans vos tanières      Votre vie dépend de ma qualité      Je suis votre      air

 

Bernard Anton (BEN)

Slam pour l’air de la Terre

Extrait de Slams de l’âme – nouveauté aux éditions l’Harmattan, 2008

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La géoingénierie est une nouvelle discipline qui consiste à étudier les sciences de la Terre (sol, eau, air) en vue de concevoir de nouvelles techniques pour contrôler les phénomènes naturels à l’échelle du globe terrestre. Il y a quelques années, leur langage était étiqueté de « futuriste. » Plus maintenant. L’Université de Toulouse en a fait sa spécialité.

Voici quelques exemples de solutions avant-gardistes proposées par cette récente branche d’ingénieurs en vue de contrer les bouleversements climatiques planétaires d’envergure :
• voiler la stratosphère avec des aérosols d’aluminium ou de soufre dans le but de retenir les rayons du soleil,
• installer en orbite des satellites miroirs ou des parasols géants pour réfléchir le rayonnement solaire,
• transformer le CO2 en calcaire en intégrant le bicarbonate de soude comme catalyseur,
• modifier le carburant des avions pour qu’ils laissent un ruban de brouillard dans le ciel,
• blanchir les nuages en les pulvérisant d’eau salée afin qu’ils aient un «effet parasol» et qu’ils réfléchissent davantage la lumière du soleil,
• augmenter de 30 % la réflectivité de la terre (albedo) en installant des toiles blanches (films réfléchissants) sur les océans et les déserts,
• fertiliser les océans par injonction de fer pour multiplier la quantité des phytoplanctons qui absorbent le CO2,
• faire monter à la surface les eaux froides des océans à l’aide de 134 millions de tuyaux verticaux maintenus avec des bouées et activés par des pompes afin de développer les algues marines et autres organismes qui absorbent le CO2,
• etc.

Quelques scientifiques suggèrent, à titre d’essai, une application au moins locale immédiate des solutions de la géoingénierie en Arctique, par exemple, pour arrêter la fonte des glaciers. Ce serait, disent-ils, un test pour vérifier leur efficacité et leurs autres retombées (effets secondaires) éventuelles.

Les grands ténors des modes d’interventions proposés par la géoingénierie, sont J. Crutzen (Prix Nobel de chimie), Ralph J. Cicerone (président de l’Académie des sciences américaine, NAS), Alvia Gaskill (président de Environmental Refrence Materials), John Schellnbuller, Ken Caldeira.

D’autres experts, pourtant aussi verts, crient au scandale et mettent en garde contre de telles manoeuvres qu’ils qualifient de jeu dangereux d’apprentis sorciers. Ils refusent de traiter la biosphère comme un géant laboratoire de verre.

Ceux qui décrient les solutions audacieuses de la géoingénierie sont, entre autres, Jean-Louis Fellous, Olivier Boucher, Yoram J. Kaufman, Catherine Gauthier, Hervé Le Treut. Ces derniers les qualifient de spéculatives, théoriques, inefficaces, ambitieuses, hors prix, frôlant la science-fiction, même de « fausses solutions miracles », avec des retombées encore plus graves.

Vu la complexité de la machine climatique, ces opposants à la géoingénierie locale, partielle ou planétaire, affirment qu’ils ne savent pas comment les forêts, les nuages, les océans réagiraient face à ces manipulations artificielles qui comptent refroidir la biosphère, transformée en «technosphère» ou «palais de cristal» selon les paroles de Peter Sloterdijk. Ces solutions ne réduiraient pas le CO2 et entraîneraient une acidification prononcée des océans.

D’autres scientifiques, comme Jean Jouzel (médaille d’or du CNRS), s’élèvent contre le stockage du CO2 dans la mer, hautement acidifiée. Ils estiment ce processus dangereux et instable. Ces paris pourraient dégrader encore plus l’état de la biosphère et des écosystèmes. Les effets collatéraux sont inconnus. Ces «derniers rêves prométhéens» cacheraient, selon ces opposants, une volonté de ne pas ratifier le Protocole de Kyoto !

Les partisans de la géoingénierie sont accusés de préférer inventer des «ultrasolutions» plutôt que de réduire leurs émissions de GES et de réviser leur mode de vie !!! Ils sont blâmés d’admettre qu’ils sont impuissants d’éradiquer le CO2 de l’atmosphère, alors ils lorgnent du côté des alternatives planétaires extrêmes!

J. Crutzen répond qu’il espère ne jamais utiliser ces moyens, qu’ils sont seulement de dernier recours.

Définitivement, les experts en environnement ne chôment pas depuis près de deux décennies ! Quelles interventions miraculeuses faut-il envisager ? Quand, à quel coût… pour pallier à ce qu’on appelle déjà dans certains milieux écologiques très sérieux le compte à rebours ?

Bernard Anton (BEN)

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