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giecLe grand public n’est pas très au courant de la controverse scientifique verte qui est pourtant bien réelle et bien vive. Les médias, qui couvrent généreusement les conférences de l’ONU sur l’environnement, font de ces informations diffusées à l’échelle de la planète une source officielle, voire une référence solide, une vérité immuable qui forme l’opinion publique. Ensuite, peu de voix osent protester ou critiquer ces grands créneaux de pensée au risque d’être marginalisées.

 

Malgré le nombre impressionnant de scientifiques (presque 2 000) qui oeuvrent au sein du GIEC, organisation environnementale de l’ONU (je les félicite en passant pour leur beau travail), le consensus est loin d’être atteint entre les experts, même entre ceux cités par l’ONU comme étant favorables à ses rapports. Je trouve ça correct et normal. C’est ainsi que la science évolue.

 

Des chercheurs, pourtant tous bien verts, ne sont pas d’accord entre eux sur divers chiffres et conclusions publiés dans les derniers rapports du GIEC. Tantôt ils leur reprochent leur réserve, tantôt leur exagération, tantôt leur méthode faillible et imparfaite, tantôt l’imprécision des prévisions de leurs modèles numériques qui n’incluent pas les variations et phénomènes géologiques, tantôt leurs fausses statistiques sur la température, tantôt leur politisation, même leur parti pris. Voici quelques cas de figure qui nous incitent à développer une «lecture juste, éclairée et objective» de l’impact anthropique (dû à l’activité humaine) et de l’impact de phénomènes naturels (cycliques ou ponctuels) sur le climat :

 

· Plusieurs prestigieux chercheurs et institutions s’opposent ouvertement aux rapports du GIEC tels : l’Institut Pasteur (Paris), l’Université de Londres, Patrick Frank, the National Academy of Sciences, the American Physical Society (APS), etc. Ils reprochent, entre autres, aux prévisions du GIEC d’être timides et réservées. Les quatre rapports publiés jusqu’à maintenant seraient, selon ces sources, mitigés afin de convenir aux politiciens et aux gouvernements et ne pas trop choquer l’opinion publique. En effet, les rapports du GIEC ne sont publiés qu’après les avoir envoyés aux grandes puissances et qu’après avoir reçu leur consentement ! Les chiffres réels publiés concernant, par exemple, la hausse des températures et du niveau de la mer seraient bien plus graves. Paul Joseph Crutzen (Prix Nobel de chimie) avoue à ce propos : «Si les prévisions du GIEC souffrent d’un défaut, c’est d’être conservatrices.»

 

· Des universitaires australiens démontrent que le réchauffement des océans pour la période 1960-2000 a été supérieur de 50 % aux chiffres utilisés et publiés par le GIEC, lesquels chiffres seraient biaisés à cause d’un mauvais calcul ou d’un compromis.

 

· Des scientifiques britanniques, du British Antarctic Survey, dont Julian Scott, attribuent, en février 2008, la fonte des glaciers à une activité volcanique qui se produit sous les banquises et à des points chauds (hotspot) dus à la minceur de la couche terrestre qui laisse émerger parfois la chaleur du magma géothermique.

 

· L’impact du dioxyde de carbone sur la fonte des glaciers ne fait pas l’unanimité. Alors que la majorité des scientifiques attribuent la responsabilité du réchauffement climatique au CO2 qui fait fondre les glaces, des chercheurs de l’Université de Cardiff (Angleterre), qui ont publié les résultats de leurs études dans le journal Geology, en doutent. Les archives et les examens de carottes glaciaires indiquent, selon ces derniers, qu’à quelques reprises, il y a 70 000 ans ou 120 000 ans, les glaciers avançaient même quand les concentrations de CO2, produites naturellement à l’époque par les organismes vivants, les activités volcaniques ou les phénomènes géologiques, étaient deux fois plus importantes que les niveaux actuels dans la biosphère.

 

· Les glaciers n’auraient pas diminué durant les années 90 selon le Département d’Océanographie à l’Université Göteborg (Suède). Un rapport publié dans le Journal of Geophysical Reserach par des spécialistes français et suisses en hydrologie et en glaciologie de l’Observatoire des Sciences de l’Univers de Grenoble (OSUG), avec la collaboration des Programmes européens ALPCLIM et CARBOSOL et la ville de Chamonix, allèguent en juin 2007 que le Mont Blanc n’est pas affecté par les changements climatiques du XXème siècle.

 

· La température dans la région des glaciers de l’Antarctique aurait commencé à se réchauffer depuis 150 ans, selon David Schneider de l’Université de Washington qui soutient cette hypothèse dans le Geophysical Research Letters (donc bien avant l’ère industrielle et nos émissions excessives de GES) et a commencé à refroidir dans les années 1990. Ce refroidissement est dû, selon lui, au phénomène de l’Oscillation (oscillations entre les phases positives et négatives de la pression atmosphérique dans les latitudes du sud).

 

· Des chercheurs attribuent plutôt à El Nino qui était très actif durant les 20 dernières années, réchauffant de 14 degrés les eaux de l’océan Pacifique et entraînant des pluies diluviennes, la responsabilité de la fonte des glaciers de l’Amérique du Sud.

 

· Un bon nombre d’experts affirment, à contre-courant, que le couvert (épaisseur et volume) de glace en Arctique, et un peu partout dans le monde, a augmenté ces dernières années[1]. Contrairement aux prévisions de réchauffement climatique du GIEC, ceux-ci prévoient le début d’une nouvelle ère de glaciation.

 

· Des scientifiques britanniques de Cape Verde Observatory attestent qu’une réaction océanique chimique favorable, plus active que prévue, riche en hydroxyle et planctons, est en train de nettoyer l’atmosphère et absorber le redoutable méthane. D’autres chercheurs des Universités Leeds et York qui ont mesuré la diminution du taux d’ozone dans l’océan Atlantique tropical confirment ces mêmes résultats.

 

· L’Astronomical Society of Australia annonce pour les 30 prochaines années, contrairement à toutes les prévisions des rapports du GIEC, un refroidissement global dû à la diminution de l’activité solaire[2] et à un changement dans sa fréquence de rotation. La Space and Science Research Center (SSRC) déclare en juillet 2008 que la Terre a commencé son ère de refroidissement climatique malgré les records de réchauffements isolés.

 

· Une étude[3] sur le climat de l’Université de Rochester (David H. Douglass), de l’Université de l’Alabama (John R. Christy) et de l’Université de Virginie (S. Fred Singer) témoigne de changements climatiques cosmiques, dans presque tous les coins du système solaire, de Mars à Pluton, de Jupiter aux lunes de Neptune. Les variations des activités du soleil en seraient le premier responsable.

 

Malgré les différences parfois importantes dans la découverte et connaissance de la très complexe machine climatique tributaire de plusieurs facteurs interreliés et de chaînes d’effets (le champ magnétique solaire qui affecte le flux de rayons cosmiques vers la Terre qui affecte à son tour la formation de nuages et les vapeurs d’eau), malgré les quelques opinions qui minimisent l’empreinte écologique de l’activité humaine, malgré cette controverse qui est loin d’être terminée, j’estime que nous ne pouvons toujours pas pratiquer la politique de l’autruche devant l’état pitoyable de la biosphère et le haut degré de pollution (particules fines, pics de smog surtout en milieu urbain), dû essentiellement au CO2[4].

 

Peut-on ignorer les deux milliards additionnels de tonnes de carbone, émises en l’espace de dix ans dans la mince couche d’air (fermée et limitée) qui nous entoure ? L’utilisation accrue et plus rapide que prévue de combustibles fossiles fait que les GES s’accumulent, empoisonnent l’air ambiant et en altèrent à long ou moyen terme la composition chimique. Ces milliards de tonnes de carbone causent des maladies diverses, se transforment en pluies acides qui endommagent la végétation et polluent les cours d’eau. Les effets graves, dus directement au CO2, sur la santé publique (quoi de plus précieux que notre bien-être !?) peuvent-ils être négligés ?

 

Ces gaz qui forment une couche de plus en plus épaisse autour de la Terre la prennent en otage. Ils serrent l’étau autour de notre planète, soit en la réchauffant par l’effet de serre, soit en la refroidissant par l’effet de nuages opaques qui empêcheraient les rayons du soleil de réchauffer la Terre (comme dans le cas du soufre dégagé par les volcans en éruption).

 

Si des facteurs naturels et cycliques du changement climatique échappent à notre contrôle, je pense que nous avons tout de même une part de responsabilité immédiate pour ne pas provoquer davantage de perturbations et empirer la situation.

 

Il serait, tout compte fait, absurde de ne pas préserver notre environnement et de ne pas empêcher la dégradation des écosystèmes. Il serait irresponsable de s’entêter à surexploiter, à surpolluer et à surépuiser notre environnement et notre biosphère indéfiniment et égoïstement, connaissant bien qu’ils sont fragiles et bien limités. Ce serait comme négliger d’entretenir sa maison et la garder propre sous prétexte que la foudre un jour la frappera !

 

Donc, oui, les activités humaines ont un impact direct sur l’environnement, oui aussi pour les activités cycliques, solaires et cosmiques hors de notre portée qui affectent également notre environnement. Reste à savoir quelle proportion de responsabilité accorder aux facteurs humains et/ou naturels. Ça peut varier entre 20 et 90 %, selon les experts !

 

Cette réflexion n’est pas pour dénigrer les louables accomplissements du GIEC qui s’est mérité dernièrement le prix Nobel (partagé avec Al Gore), mais pour tout simplement être conscients de la vision autre de plusieurs scientifiques qui expliquent les choses différemment. C’est, selon la méthodologie classique : proposer la thèse, reconnaître l’antithèse, avant d’établir sa synthèse. À vous maintenant de tirer votre synthèse.

 

Bernard Anton (BEN)

 

 

[1] Cf. Pour la longue liste des glaciers en expansion : www.iceagenow.com. Voir aussi la revue Science (Janvier 2002) qui avance que des glaciers dans certaines régions de l’Antarctique s’épaississent.

[2] John L. Casey, directeur du SSRC, parle d’hibernation solaire.

[3] Source : International Journal of Climatology du Royal Meteorological Society.

[4] Un exemple flagrant, tout récent : Pékin ferme presque la moitié de ses usines et limite la circulation de ses voitures durant près de six mois, avant les fameux jeux olympiques, afin de diminuer le CO2 et d’autres polluants de son atmosphère. C’est un succès. Les athlètes peuvent respirer et performer ! C’est une autre preuve de notre impact sur notre environnement.

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Poussière de Terre

apu-3-y4quazkl5tiqrd3azp6loirkMon domaine c’est la Terre      Je voyage depuis des millénaires      partout dans la troposphère      Des milliards de personnes m’inspirent m’expirent      des millions de fois      à chaque respiration depuis des      générations

Je suis atome voyageur      poussière minérale végétale      animale      me transforme      me métamorphose      demeure indissoluble      à travers les âges      les formes

J’étais là lors du big-bang      lors des premières activités volcaniques      Je fais partie des premières cellules      des premières vies minuscules      Je suis dans tous les organismes      dans tous les processus photosynthétiques      Les nuages le vent la pluie les ruisseaux      me transportent      me fécondent      Je les féconde      J’atteins les extrémités du monde

Je suis un sous-élément de tout ce qui vit      Je capte les polluants toxiques      les gaz chimiques que vous me crachez      BPC CFC DDT DID

Je suis en continuelle pérégrination      Je m’insère dans la chaîne alimentaire      dans votre système immunitaire      loge dans votre cerveau      Ne me polluez pas      Vous m’ingurgitez      Il n’y a aucune dérogation

Je suis votre lien avec      les générations présentes passées futures      Je suis votre premier et dernier souffle       la matière la plus chère      pourtant gratuite      absolument nécessaire      Je maintiens vivante votre planète

Ne vous racontez pas d’histoires mensongères      Ne vous cachez pas dans vos tanières      Votre vie dépend de ma qualité      Je suis votre      air

 

Bernard Anton (BEN)

Slam pour l’air de la Terre

Extrait de Slams de l’âme – nouveauté aux éditions l’Harmattan, 2008

La géoingénierie est une nouvelle discipline qui consiste à étudier les sciences de la Terre (sol, eau, air) en vue de concevoir de nouvelles techniques pour contrôler les phénomènes naturels à l’échelle du globe terrestre. Il y a quelques années, leur langage était étiqueté de « futuriste. » Plus maintenant. L’Université de Toulouse en a fait sa spécialité.

Voici quelques exemples de solutions avant-gardistes proposées par cette récente branche d’ingénieurs en vue de contrer les bouleversements climatiques planétaires d’envergure :
• voiler la stratosphère avec des aérosols d’aluminium ou de soufre dans le but de retenir les rayons du soleil,
• installer en orbite des satellites miroirs ou des parasols géants pour réfléchir le rayonnement solaire,
• transformer le CO2 en calcaire en intégrant le bicarbonate de soude comme catalyseur,
• modifier le carburant des avions pour qu’ils laissent un ruban de brouillard dans le ciel,
• blanchir les nuages en les pulvérisant d’eau salée afin qu’ils aient un «effet parasol» et qu’ils réfléchissent davantage la lumière du soleil,
• augmenter de 30 % la réflectivité de la terre (albedo) en installant des toiles blanches (films réfléchissants) sur les océans et les déserts,
• fertiliser les océans par injonction de fer pour multiplier la quantité des phytoplanctons qui absorbent le CO2,
• faire monter à la surface les eaux froides des océans à l’aide de 134 millions de tuyaux verticaux maintenus avec des bouées et activés par des pompes afin de développer les algues marines et autres organismes qui absorbent le CO2,
• etc.

Quelques scientifiques suggèrent, à titre d’essai, une application au moins locale immédiate des solutions de la géoingénierie en Arctique, par exemple, pour arrêter la fonte des glaciers. Ce serait, disent-ils, un test pour vérifier leur efficacité et leurs autres retombées (effets secondaires) éventuelles.

Les grands ténors des modes d’interventions proposés par la géoingénierie, sont J. Crutzen (Prix Nobel de chimie), Ralph J. Cicerone (président de l’Académie des sciences américaine, NAS), Alvia Gaskill (président de Environmental Refrence Materials), John Schellnbuller, Ken Caldeira.

D’autres experts, pourtant aussi verts, crient au scandale et mettent en garde contre de telles manoeuvres qu’ils qualifient de jeu dangereux d’apprentis sorciers. Ils refusent de traiter la biosphère comme un géant laboratoire de verre.

Ceux qui décrient les solutions audacieuses de la géoingénierie sont, entre autres, Jean-Louis Fellous, Olivier Boucher, Yoram J. Kaufman, Catherine Gauthier, Hervé Le Treut. Ces derniers les qualifient de spéculatives, théoriques, inefficaces, ambitieuses, hors prix, frôlant la science-fiction, même de « fausses solutions miracles », avec des retombées encore plus graves.

Vu la complexité de la machine climatique, ces opposants à la géoingénierie locale, partielle ou planétaire, affirment qu’ils ne savent pas comment les forêts, les nuages, les océans réagiraient face à ces manipulations artificielles qui comptent refroidir la biosphère, transformée en «technosphère» ou «palais de cristal» selon les paroles de Peter Sloterdijk. Ces solutions ne réduiraient pas le CO2 et entraîneraient une acidification prononcée des océans.

D’autres scientifiques, comme Jean Jouzel (médaille d’or du CNRS), s’élèvent contre le stockage du CO2 dans la mer, hautement acidifiée. Ils estiment ce processus dangereux et instable. Ces paris pourraient dégrader encore plus l’état de la biosphère et des écosystèmes. Les effets collatéraux sont inconnus. Ces «derniers rêves prométhéens» cacheraient, selon ces opposants, une volonté de ne pas ratifier le Protocole de Kyoto !

Les partisans de la géoingénierie sont accusés de préférer inventer des «ultrasolutions» plutôt que de réduire leurs émissions de GES et de réviser leur mode de vie !!! Ils sont blâmés d’admettre qu’ils sont impuissants d’éradiquer le CO2 de l’atmosphère, alors ils lorgnent du côté des alternatives planétaires extrêmes!

J. Crutzen répond qu’il espère ne jamais utiliser ces moyens, qu’ils sont seulement de dernier recours.

Définitivement, les experts en environnement ne chôment pas depuis près de deux décennies ! Quelles interventions miraculeuses faut-il envisager ? Quand, à quel coût… pour pallier à ce qu’on appelle déjà dans certains milieux écologiques très sérieux le compte à rebours ?

Bernard Anton (BEN)

1yh1chv8Plus de pudeur      plus de candeur      Elle a perdu calme douceur      Elle hurle sa rage contre ceux      qui déchiquettent son cœur      puis remplissent sa vie      d’amertume de douleur

 

Elle vocifère sa furie      contre une société souvent égoïste      qui la méprise      la tenaille      Elle crie sa colère sa sueur      la faim de ses entrailles      n’accepte plus aucun traitement cruel      aucun délai volage

 

Plus de réserve      Plus de patience      Rien qui retient sa nouvelle      équitable arrogance      Sa parole éclate      démolit les réticences      fait sauter ceux qui      brident sa liberté      dénigrent sa dignité son existence     

 

Les barrières les citadelles      elle les piétine      les morcelle      Son indignation de tous côtés      fuse      Elle a droit à la vie au bonheur      à sa loyale subsistance que      dans leur barbe      quelques pseudo-monarques      lui refusent    

 

Elle exige le respect et sa jumelle la paix      Elle en a assez des offenses répétées      des enrichissements des grands      à ses dépens          La moindre oppression      la révolte     

 

Finie l’époque des holocaustes      Finies les exploitations       les résignations      Place à la révolution permanente      À bas la civilisation omnipotente     

 

Elle riposte à la moindre      déplacée parole          au moindre injuste verdict qui      la frustre            la provoque     

 

Elle n’hésite plus à proscrire      ceux qui la font souffrir      Elle sait qu’elle vaut plus qu’un soupir      Elle affirme haut et fort      avec rien dans les mains      rien dans la bouche et les poches      qu’elle n’est pas une sans-pouvoir      Demain aussi lui appartient

 

Elle entame sa juste guerre      refuse de plier l’âme ne veut plus vendre sa chair      sa soif de macadam      Elle renverse sans rien perdre de plus      ceux qui font obstacle      à ses légitimes revendications et victuailles

 

 

Bernard Anton (BEN)

Malgré les efforts soutenus de tant d’instances et d’organismes internationaux (ONU, Greenpeace, WWF, etc.) depuis près de quarante ans, malgré les rapports et les alertes multiples lancés par des experts en environnement, malgré les changements climatiques intenses que nous observons presque chaque jour un peu partout sur le globe et ses conséquences désastreuses sur les êtres humains, les 16 principales économies les plus riches du monde réunies en marge du G8 au Japon, qui ont pourtant fini par reconnaître officiellement que la « lutte contre les changements climatiques passe obligatoirement par des objectifs de réduction des GES », ne réussissent toujours pas à trouver un compromis minime et concret pour diminuer les émissions de GES.

Le diagnostic est posé, le remède salutaire est bien identifié, cependant on tarde à l’administrer. Pas de mesures contraignantes ! Pas de régime ! Oubliez la ligne ! Envoyez promener les privations, les sacrifices ! Le gâteau au fromage est trop appétissant ! Le prix du remède trop exorbitant ! Rien d’urgent (malgré la phase terminale du patient) !

N’est-ce pas de la négligence crassement irresponsable, non éthique, voire criminelle selon la déontologie des médecins qui sont sommés d’intervenir pour guérir un malade grave ?

Tant d’espoirs qui fondent comme neige au soleil à chaque réunion au sommet, à chaque conférence sur l’environnement (Bali…). Avons-nous compris que l’économie ne rime pas avec l’écologie, que la politique n’est pas démocratique, que les politiciens n’écoutent pas et ne représentent pas les intérêts des citoyens mais les leurs propres et ceux des grandes compagnies qui financent leur parti ?

Faire des profits, consommer, pousser à consommer, produire, accroître ses chiffres de vente, ses usines, ses industries, souffler les prix, s’enrichir sans limites… c’est beaucoup plus important que respirer un air pur, que boire de l’eau pure, que conserver la nature, que veiller sur le bien-être des individus.

Le message est on ne peut plus clair. Nous attendons souvent à tort et en vain des gestes consciencieux, en faveur de l’environnement de la part des plus grands pollueurs qui continuent à polluer et à étouffer, vraiment satisfaits sous leurs nuages toxiques qu’ils propagent ensuite vers les autres pays.

Quoi faire? Comment leur expliquer que l’environnement est un patrimoine universel et commun qui dépasse les frontières et affecte la planète entière ? Protéger l’environnement chacun dans son coin n’est pas assez. Nos élus ne font rien d’extraordinaire. Ils vendent nos forêts au rabais. Leur silence est un signe odieux et diplomatique d’approbation. Rappelons-nous la logique de la grenouille qui sent l’eau se réchauffer drôlement mais se dit qu’elle est encore bien tiède.

Les Européens, qui exigent la diminution de 50 % des GES, n’arrivent pas à convaincre les Américains ni les Chinois ni les Indiens qui émettent, à eux seuls, le tiers des GES. Chacun de ces trois pays attend l’autre avant d’agir, se réjouit de son expansion économique, ne veut pas reculer ou céder une parcelle de ses lingots d’or, de son confort, de son droit à plus d’essor. Diantre les accords, les records, les reports, les rapports, les grands verts ténors, la submersion des terres et des ports ! Diantre les remords, la fonte des glaciers du sud et du nord, la mort des alligators et des castors, les sinistres décors, le corridor direct vers la mort !

Diminuer les GES entraîne nécessairement des coûts, des sacrifices, des changements d’habitude, des ajustements onéreux, un ralentissement économique, tant qu’à dire, une décroissance. Oui, c’est une vérité incommode qui dérange. Le renard qui a finalement obtenu le fromage du bec du corbeau lui en redonnera-t-il un petit morceau ? On posera cette question au Maître de la Fontaine, il pourrait réviser son histoire.

Qu’attend-on pour intervenir ? Des catastrophes climatiques vingt fois plus intenses, un air partout irrespirable, un tsunami mondial ? Oxfam peut bien dire qu’à ce rythme-là le monde sera cuit en 2050 ! Ban Ki-moon peut être extrêmement déçu des voeux pieux, vagues et inefficaces du G8. Who cares ? Money should flow.

Les gentelmen européens ont si bien ouvert le bal. L’oncle Sam ne veut pas danser sans monsieur Chong et sans Sri Chanki. Sur le pont du Titanic qui coule en silence, dansons le dernier Tango de la presque fin du monde. Sans nostalgie, s’il vous plaît, car noblesse oblige. L’équipage s’en fout. Sa paye était très bonne. Heureux ceux qui trouveront des épaves (que j’espère nombreuses) et s’y accrochent !

Bernard Anton (BEN)

Tango Vert (Ré-action)

31084Si jamais vous perdez un bras une jambe     

si jamais vous vous brûlez un doigt     

un membre     

vous réagirez ?

 

Si jamais un être que vous aimez     

est en danger     

dans une quelconque nécessité      

vous réagirez ?

 

Si jamais votre chat votre chien s’égarent     

si jamais vous ne trouvez pas votre bague votre montre vos clés     

vous réagirez ?

 

Si jamais un de vos reins ne fonctionne pas     

si jamais vous perdez une dent votre emploi     

vous réagirez ?

 

Si jamais l’environnement de votre maisonnée est pollué     

si jamais votre jardin brûle     

vous vous débattrez pour     

retrouver votre paix ?

 

Il ne reste que 15 % des forêts primaires     

65 % des espèces ont disparu     

à cause de nos activités     

chaque minute des milliers d’hectares     

s’envolent en fumée     

vous réagissez ?

 

Les calottes fondent     

le niveau de la mer monte     

les déserts avancent     

les tempêtes se font de plus en plus intenses     

vous réagissez ?

 

Les gaz à effet de serre étouffent la planète     

on continue à polluer par égoïsme indifférence cupidité     

vous réagissez ?

 

Arbres fleurs bêtes sauvages au domestiquées      

vous supplient d’une voix audible      

«Sauvez-nous ! »     

vous réagissez ?

 

La beauté du monde s’étiole de plus en plus en plus paysages ciels plages immondes     

c’est palpable visible en une seconde     

vous réagissez ?

 

Le réchauffement provoque     

maladie famine sécheresse inondations     

tue des millions de personnes     

vous réagissez ?

 

Nous polluons la Terre notre berceau     

l’air que nous respirons     

l’eau dans notre verre que nous buvons     

vous réagissez ?

 

Pourquoi tarder      

à poser le geste      

grandiose ou modeste      

pour sauver ce qui reste ?

 

Bernard Anton (BEN)

 

Édition spéciale : Slam sur une musique tango à l’occasion du Festival du tango de Montréal qui a lieu présentement jusqu’au 13 juillet.

alguesAprès le maïs, le blé, la canne à sure, le soya, la pomme de terre et la betterave, d’autres plantes sont également transformées en biocarburants. Ces richesses naturelles, adoptées comme substitut au pétrole, alors que leur vocation première est de nourrir les gens, ont fait un tollé controversé dans les médias ces derniers mois. Cette fois-ci, c’est de végétation non comestible qu’il est question, donc, qui n’enlève pas de nourriture de la bouche des affamés, mais…

Les algues microscopiques, organismes en suspensions dans l’eau composés de cellules indépendantes, captent le CO2 (responsable, comme on le sait, de l’effet de serre) et aussi l’énergie du soleil et l’emmagasinent. Leur cellule, sans membrane, contient de la chlorophylle A qui produit de l’oxygène par le processus de la photosynthèse. Comme les plantes, elles purifient l’air. La science est capable aujourd’hui de transformer facilement l’énergie solaire captée dans ces cellules en carburant à peu de frais.

Des chefs de pétrolières américaines sont déjà impliqués dans cette nouvelle écoindustrie. Ils mettent au point des bioréacteurs alimentés avec cette gelée verte. Ces algues contiennent des sucres et de l’huile aisément convertissables en biodiesel. Boeing compte incorporer cet algocarburant au kérosène utilisé dans ses moteurs d’avion.

Cette nouvelle découverte, va-t-elle déclancher un nouveau débat entre les tenants de la fertilisation urgente des mers en vue de la multiplication des planctons (sorte d’algues) qui sont des séquestreurs naturels de gaz carbonique et les tenants de la nécessité de trouver d’autres alternatives au pétrole ? Sacrifierait-on les algues, comme on sacrifie les arbres, pour leur donner une autre fonction jugée plus utile ou plus rentable ? L’essence l’emporterait sur l’air pur une fois tous les deux pesés sur la balance ?

D’un autre côté, les déchets des usines de jus d’orange (pulpe, pelure, jetées jadis aux poubelles) sont également valorisés et exploités maintenant comme matière première en raison de leur haute teneur en sucre. Après quelques jours de fermentation, ces déchets organiques sont prêts à produire du bioéthanol. Les plus grandes usines qui fabriquent de l’essence avec les restes des oranges sont situées à Valence (Espagne), royaume des orangerais. Cette nouvelle industrie y a créé beaucoup d’emplois, a revitalisé l’économie chancelante de la région et a rendu possible le travail proche du lieu de résidence d’un grand nombre de citoyens. C’est dans ce haut lieu de récupération et de revalorisation que le GIEC a décidé de se réunir, février dernier, et de publier son quatrième rapport.

Un jour peut-être, les algues bleues qui envahissent les plans d’eau, entreraient, avant leur prolifération (100 000 cellules par millilitre d’eau et plus) et avant leur vieillissement qui les transforme en toxines, dans cette catégorie de ressources naturelles prisées pour leur potentiel de séquestrer le gaz carbonique ou de produire éventuellement de l’énergie pour les moteurs.

Bernard Anton (BEN)