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Archive for the ‘écologie’ Category

école verteL’école est le terreau par excellence où les générations futures sont formées et sensibilisées aux problématiques du monde. Une éducation écoresponsable solide les rend performantes, aptes à faire les meilleurs choix sociaux, politiques et environnementaux. Pour venir en aide aux intervenants scolaires, j’ai conçu un programme vert sur mesure, DASE (Découvrir, Aimer, Soigner l’Environnement), applicable facilement à différents niveaux d’enseignement.

Description

DASE est un comité environnemental parascolaire qui peut être créé dans chaque école. Un ou deux enseignants initiés et sensibilisés à l’environnement peuvent animer ce comité (composé surtout d’élèves) et mobiliser toute l’école.

Objectifs

Les objectifs du comité DASE sont principalement de :
• sensibiliser l’ensemble des élèves aux problèmes actuels de l’environnement;
• développer leur conscience écologique, leur sens de la responsabilité, leur solidarité avec les éléments de la nature;
• favoriser un agir socio-environnemental;
• viser d’une façon pratico-pratique des compétences cognitives, affectives, sociales et comportementales en lien avec l’environnement;
• rapprocher les élèves entre eux et leur milieu;
• développer chez eux un sentiment d’appartenance;
• veiller à ce que leur école respecte la récupération des matières résiduelles et l’esprit du développement durable.

Plan d’action

Un plan d’action, avec trois approches pédagogiques, peut être échelonné, par trimestre, sur l’ensemble de l’année scolaire.

Approche cognitive : L’automne pourrait être consacré à la découverte et à la connaissance de la crise écologique actuelle (état de la question; visites de centres d’interprétation de la nature…).

Approche réflexive : Après cette première prise de conscience, l’hiver convient au mûrissement de la réflexion, à la compilation et à l’analyse des données recueillies, à l’évaluation des enjeux graves.

Approche pratique : Le printemps serait favorable à l’action concrète, aux soins de la Terre (plantation d’arbres et de fleurs, campagne de propreté, ménage de la cour d’école, plantation et soin de semis).

Stratégies organisationnelles

Un plan de communication des informations peut être établi par le biais d’une grande exposition annuelle qui aurait lieu au gymnase ou à la cafétéria de l’école. Les élèves partageraient leurs découvertes et connaissances en matière d’environnement. Il y aurait plusieurs kiosques regroupés par thématique (eau, désertification, forêts, faune menacée, couche d’ozone, fonte des glaciers, énergies renouvelables…). Un babillard de l’école peut être réservé à DASE et alimenté à l’année longue.

Un plan de valorisation peut être envisagé : un certificat d’engagement et d’implication active serait décerné par la direction à ceux et celles qui se seraient illustrés dans ce comité.

Un plan d’évaluation ferait, en fin d’année, le bilan des résultats obtenus : l’impact de ces activités environnementales sur l’agir éthique individuel et collectif de l’ensemble des élèves; leur degré de sensibilisation et de réceptivité concernant la nécessité de réduire l’empreinte humaine sur l’environnement; leur niveau de développement intégral (travail d’équipe, solidarité, créativité, éco-socio-responsabilité, pensée critique, gestion de projet); leurs compétences développées (savoir-faire, savoir-être, savoir-agir, pouvoir-faire, capacité de résolution de problèmes); la quantité de papier, de cannettes, de verre, de plastique recyclés; le nombre de gestes environnementaux effectués; l’amélioration du sentiment d’appartenance, de l’estime de soi…

Exemples d’activités environnementales

• Visionner des films sur l’environnement;
• Présenter des conférences sur l’environnement;
• Visiter le Salon de l’environnement ou assister au Festival mondial de la Terre, puis rédiger un compte rendu sur un kiosque, une pratique, une découverte ou une nouvelle invention;
• Entreprendre une tournée verte du quartier ou un court voyage d’écotourisme;
• Lancer un concours d’objets recyclés ou revalorisés;
• Exposer des œuvres d’art créées avec du matériel récupéré;
• Installer sur les murs de l’école des courtepointes, des sacs confectionnés par des élèves avec des bouts de tissus offerts par la population étudiante;
• Installer un composteur près de la cafétéria et une mangeoire dans la cour de l’école;
• Transformer un local peu utilisé en salon vert où il y aurait beaucoup de plantes, un aquarium; y diffuser une musique environnementale (chants d’oiseaux, bruit de l’eau);
• Lancer un concours de slogans et d’illustrations sur le thème de l’environnement;
• Aménager un jardin intérieur entretenu par les élèves;
• Leur demander de mener un sondage ou une enquête sur un thème environnemental après en avoir rédigé eux-mêmes les principales questions;
• Participer à un projet Afrique ou Haïti : envoyer, par exemple, à ces pays des semis achetés grâce au profit de campagnes de financement vertes;
• Cibler des partenaires potentiels pour financer l’achat et l’installation d’un système de chauffage solaire ou d’un panneau solaire dans un local de l’école.

Pertinence du projet DASE

DASE met en valeur le rôle primordial de l’environnement dans la vie de tous les jours. Il rapproche toutes les ethnies, suscite une dynamique de fierté et de plaisir à fréquenter l’école dont l’image se trouve bonifiée et inspirante pour son milieu. Il diminue le taux d’absentéisme, de morbidité, de vandalisme. Il développe l’enthousiasme, la motivation, l’estime de soi, l’engagement, l’esprit d’initiative, la communication, le sentiment d’appartenance et de responsabilité de l’apprenant. Ce dernier transporte par la suite ces apprentissages verts, cette culture verte dans son milieu de travail, social et familial.

Bernard Anton,
Extraits de Plaidoyer pour la Terre et les Vivants, éd. Marcel Broquet, 2009

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ecologyCe texte peut être considéré comme un rappel au quotidien de notre écoresponsabilité. Il peut nous aider à prendre conscience de l’importance de chaque geste que nous effectuons à l’égard de l’environnement, si minime soit-il.

Pour empêcher que chaque jour la pollution des sols, de l’eau, de l’air et de la nourriture augmente, avec toutes ses conséquences sur le climat, l’écosystème, la santé, le présent, le futur, je m’engage librement et avec joie à contribuer, autant que je peux, à la sauvegarde de l’environnement et des espèces en diminuant mes empreintes écologiques.

Je choisis, à titre d’écocitoyen responsable et solidaire, par respect pour la Terre qui est notre Mère, qui nous nourrit et nous héberge, par respect aussi pour les Vivants, de faire plusieurs gestes constructifs et réfléchis, à la maison, au travail et dans mes loisirs. J’opte pour un mode de vie plus modéré, le moins polluant possible. Je privilégie l’être à l’avoir. Je gère et réduis ma consommation d’énergie, d’eau, de biens inutiles et non recyclables, de ressources non renouvelables. Je gère et réduis au minimum ma production de déchets. Je recycle. J’essaie de réparer les dégâts environnementaux et d’être vert dans toutes les dimensions de ma vie. Je sensibilise les autres à l’importance d’un environnement sain, au rôle primordial de la végétation et à la fragilité de l’équilibre de la biosphère. Je m’implique socialement et politiquement pour que le souci de l’environnement physique et humain soit une des plus grandes priorités.

Je fais de mon mieux pour protéger la force de vie qui veut vivre. Je suis conscient que chaque geste que je fais, en harmonie avec la nature, en union avec tous les écocitoyens de la planète, constitue un pas de plus vers la guérison de l’environnement et conduit à une meilleure qualité de vie, au bien-être de tous.

Bernard Anton, Ph. D.

Auteur de Plaidoyer pour la Terre et les Vivants

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terre2(Notre voeu pour le Jour de la Terre)

Nous nous engageons
aujourd’hui et chaque jour
à te sortir de ta crise de pollution !
 
Tu peux compter sur notre participation !
Nous le faisons pour toi pour nous
pour les générations futures !
Nous avons besoin d’air pur !
 
Nourris tout le monde !
Continue à nous donner de tes richesses
qui abondent !
 
Nous allons prendre bien soin de toi !
Promis ! Nous referons de toi un paradis
comme tu l’étais avant !
 
Notre environnement est si beau à regarder !
Il ne faut pas le polluer !
On ne veut pas mettre des masques à oxygène
pour respirer
comme nous le voyons parfois à la télé !
 
Vive l’air pur que tu nous offres avec gratuité !
Donne à tous de l’eau pure !
Tu es notre Terre, notre Mère, notre Avenir !
 
Réveille toutes les consciences !
Empêche-nous de te polluer avec indécence !
Empêche-nous de rendre gris et brun ton ciel si bleu, si divin !
On va tous se donner la main !
 
Tous les enfants de tous les coins de la Terre
auront leur jardin
leur beau lopin vert !
 
Nos industries et gouvernements nous promettent beaucoup d’argent !
Des postes brillants !
Mais à quel prix ! Nous te polluons tout le temps !
 
Nous ne voulons ni guerre ni pollution !
Nous voulons vivre ensemble en harmonie, sans discorde
avec une nature toujours verte et propre !

 

Carl, Nadia, Lisa, Zohra, Marie, Zara – Atelier de création littéraire animé par Bernard Anton, Ph. D.

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santeenvironnementLes médias ont largement couvert, ces derniers jours, les pics de smog de plus en plus longs et fréquents dans la région de Montréal. L’hiver 2009 a battu tous les records : 48 jours de smog sur 90 (un jour sur deux!), soit trois fois plus que l’hiver précédent (16 jours) et cinq fois plus que l’hiver 2005 considéré à l’époque (pour le mois de février) bien exceptionnel (9 jours). Plus il fait froid, plus il faut chauffer !!!

 

Les 100 000 poêles et/ou foyers au bois (et à l’huile !) de Montréal sont responsables de 50 à 60 % de cette pollution atmosphérique. Les véhicules, qui roulent notamment sur le diesel, libèrent 18 % des particules fines, oxydes d’azote et composés organiques volatiles toxiques qui s’accumulent et forment l’ozone mortel, faute de vents. 1000 personnes en meurent chaque année au Québec, surtout dans la métropole.

 

Un troisième facteur, passé souvent sous silence, contribue également à cette toxicité de l’air : les abrasifs ou sels de voirie répandus sur la glace pour éviter les dérapages.

 

Ceci n’est qu’un petit exemple de plus pour nous rappeler que l’environnement est un facteur déterminant pour le maintien en bonne santé. L’impact de la qualité du sol, de l’eau, de l’air sur notre organisme est évident. Malgré cette menace réelle sur la santé publique, on continue à polluer. Les mesures prises demeurent très faibles et insuffisantes.

 

La pollution industrielle, les pluies acides, les gaz à effet de serre, l’amincissement de la couche d’ozone, la contamination des sols, la prolifération des insectes porteurs de microbes, les canicules, l’eau contaminée, les pesticides, l’usage de peintures ou d’essences contenant du plomb (encore dans plusieurs pays), l’occupation d’habitations insalubres, le manque de systèmes sanitaires adéquats, l’environnement malsain des travailleurs, la prolifération de bactéries, de bacilles et de spores à cause de moisissures répandues dans les bâtiments, les bureaux munis de fenêtres qui ne s’ouvrent pas et mal ventilés, constituent des dangers graves pour la santé des êtres humains, aussi pour la vie végétale et animale. Des millions de personnes en meurent chaque année.

 

Pour n’en citer que quelques exemples, la bilharziose, causée par le contact avec l’eau polluée, tue encore, en 2009, des millions de personnes en Afrique, notamment au Burundi où un habitant sur huit en est atteint. La malaria, le choléra, la typhoïde fauchent annuellement des millions de vies sur plusieurs continents.

 

Les émissions de monoxyde de carbone, d’oxyde d’azote, de plomb, de benzène, de dioxyde de soufre, de mercure et d’hydrocarbures causent la bronchite, la leucémie, le cancer. Ils se déposent dans l’organisme, perturbent les systèmes hormonal, nerveux et reproducteur, pénètrent dans les gènes et dans le lait maternel, sont transmis aux nouveau-nés.

 

Les incendies de forêts, les éruptions volcaniques extrêmement polluantes, les terres dévastées par l’abattage sauvage d’arbres dégagent également plusieurs gaz qui contribuent davantage à la pollution de l’environnement.

 

Les désastres écologiques accidentels comme Tchernobyl (26 avril 1986), Saint-Basile-le-Grand (23 août 1988), le naufrage de pétroliers (assez courants), ont leurs effets pervers sur le bien-être des gens, la qualité de leur nourriture et les écosystèmes.

 

Cette réalité est devenue notre lot quotidien. Il y a vingt ans, les scientifiques nous avertissaient du danger à venir. Maintenant nous y sommes pour vrai et tout se précipite.

 

Un commissaire européen à l’Environnement, Stavros Dimas, vient d’avouer : « Même si nous réduisons à zéro nos émissions de gaz à effet de serre, à ce stade, il n’est plus possible d’inverser la machine du changement climatique et ses conséquences sont irréversibles. Aucun pan de nos économies n’échappera à cela. »

 

Seulement en Europe, entre 6 et 31 milliards de dollars seraient dépensés chaque année d’ici à 2030 pour tenter de minimiser les dommages causés par ces bouleversements climatiques, évalués à 25 milliards d’euros depuis 1998. Ça aurait coûté moins cher si on s’était mobilisé plus tôt.

 

La réduction des GES de 20 % n’est plus efficace. Il est question aujourd’hui de 30 % par rapport à leurs niveaux de 1990 si on veut éviter les deux degrés additionnels redoutables en 2050.

 

Les experts, réunis à Copenhague, confirment le rythme accéléré du réchauffement, avec comme retentissements : ouragans plus fréquents et plus intenses, pénuries d’eau, inondations meurtrières, températures extrêmes, récoltes menacées, etc.

 

Le corps humain saura-t-il s’y adapter ? Sa santé serait-elle à la hauteur de ses ambitions ?

 

La crise environnementale qui s’accentue déclenche malheureusement une crise économique, sociale, humanitaire. La santé n’y échappe pas.

 

Bernard Anton, Ph. D.

Auteur de Plaidoyer pour la Terre et les Vivants

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Christianisme_ecologieEn ces temps de crise environnementale où différents rapports d’experts, incluant chimistes, biologistes, climatologues, météorologues, océanologues, glaciologues, expliquent les raisons mécaniques du réchauffement global, où économistes et politiciens tentent de pallier tant bien que mal cette problématique, qu’est-ce que les religions ont à dire à l’écologique ?

 

Très rares les articles publiés dans les médias qui relatent la pensée environnementale des principales croyances. En effet, qu’est-ce que la révélation ou la foi a à faire dans cette machine climatique qui agit selon des lois physiques?

 

Essayons d’effectuer, sans parti pris confessionnel, une recherche objective en la matière pour vérifier si l’environnement fait partie intégrante du discours de plusieurs religions. Conçoivent-elles la Terre comme un objet profane?

 

La religion judéo-chrétienne considère l’être humain comme gardien et non dominateur de la création (malgré la polémique qui a tourné autour de ce sujet). La nature, souvent personnifiée dans la Bible, est vivante et agissante. Une éthique environnementale prescrit, chaque sept ans, une année sabbatique autant pour le sol que pour les êtres humains et les animaux. Ces derniers, créés et bénis par Dieu, selon le récit de la Genèse, méritent le respect. « Le juste prend soin de la vie de ses bêtes » stipule le livre des Proverbes (12, 10).

 

Jésus était vert. Il a vécu en contact permanent avec les éléments de la nature. Il s’en est servi pour alimenter ses paraboles. Il était sensible aux conditions météorologiques et climatiques de son époque. Il a calmé les flots de la mer et les vents. Il a intégré plus d’une quarantaine de fois l’exemple des animaux à la transmission de son enseignement théologique. Il a invité ses auditeurs à vivre éveillés, libérés et renouvelés, en harmonie avec tous les éléments de la création. Paul de Tarse préconise un Christ cosmique dont la création entière fait partie.

 

La religion juive a institué plusieurs fêtes liturgiques en lien avec la préservation de la nature comme la « Tou Bichbat » (Nouvel An des arbres) durant laquelle un arbre est planté en action de grâce pour la beauté de la nature et le cadeau de la vie. La nature y est considérée comme un interlocuteur qui renvoie l’être humain à Dieu.

 

La religion musulmane considère la création comme un chef-d’œuvre de beauté à respecter et à préserver. Le Coran enseigne que l’être humain en qui est insufflé l’esprit de Dieu (32,9) est le «lieutenant de Dieu sur la Terre» (2,30), son «vicaire», le «prolongateur de sa création», le «locataire de la Terre» (7,10). La Terre ne lui a été que concédée. Elle est son «lit» (2,22), son «berceau» (78,6; 20,53). Mahomet enseignait : «Le monde est vert et beau, et Dieu t’en a confié la garde», aussi «Celui qui plante un arbre et en prend soin jusqu’à ce qu’il grandisse et porte du fruit sera récompensé.»

 

L’hindouisme respecte toutes les créatures végétales et animales. Selon les Védas, la vie devient douce pour celui qui vit en accord avec la loi du cosmos. L’écart de cette loi (Dharma) entraîne un désordre universel. Un proverbe hindou stipule : « La Terre est notre Mère, nous sommes tous ses enfants. » Les Sikhs s’abstiennent de viande par respect pour Atman (le souffle divin) qui réside dans la vie animale, d’où leur forte tendance au végétarisme.

 

Le bouddhisme est essentiellement écologique et prône une attitude absolument respectueuse de toutes les formes de vie: arbres, animaux, êtres vivants. Il se situe aux antipodes de ceux qui font de l’être humain un possesseur et un exploiteur de la Terre. Un des vœux du Bodhisattva est de libérer tous les êtres y compris ceux inanimés. Selon la théorie de l’interdépendance, les conséquences de l’agir humain se répercutent sur ceux qui l’entourent et sur l’ensemble de l’environnement. Le Dalaï-Lama stipule : «Fondamentalement, chaque individu est responsable du bien-être de l’humanité et de la Terre parce que la Terre est notre seule demeure.»

 

La spiritualité baha’ie, qui se veut la réunion de toutes les religions, enseigne à son tour l’interdépendance entre l’être humain et son environnement. L’un ne peut être séparé de l’autre. L’un influence, détermine, «façonne» l’autre. La nature reflète la présence, le mystère et les attributs du divin. Ce mouvement croit que tous les êtres humains sont «consubstantiels au monde», unis organiquement entre eux et les règnes minéral, végétal et animal.

 

Les premières civilisations, comme celles des Aztèques, des Mayas, des Incas ou des Kogis de la Colombie représentaient la Terre comme déesse vivante qu’elles considéraient comme leur Mère secourable, féconde, mais aussi dispensatrice de mort. Elles vivaient en harmonie avec la nature, vénéraient le soleil, lui reconnaissaient des pouvoirs. Les Égyptiens, de leur côté, estimaient que les animaux étaient des messagers des dieux, donc munis d’une âme immortelle. Pour les anciennes tribus d’Amazonie, pour les Esquimaux et pour les Inuits de Sibérie, la création ressemble un livre sacré dont il faut savoir interpréter les signes. Ils ne peuvent nullement envisager la destruction ou la dégradation de l’environnement.

 

Les animistes reconnaissent dans les éléments de la nature des esprits vivants et des forces cosmiques avec lesquels ils rentrent en dialogue et établissent un pacte comme celui entre des parties et un Tout.

 

Les Amérindiens vivent très proches de la nature. Ils l’appellent également «Notre Sainte Mère la Terre» (proverbe winnebago). Les êtres humains, «enfantés» par la Terre, en constituent une part qu’ils ne peuvent oublier et de laquelle ils ne peuvent se voir séparés. Pour eux, le corps est plus qu’une enveloppe. Il trouve dans l’air, dans l’eau et dans les autres éléments de la nature sa propre extension. Il fait partie de la grande famille de la nature.

 

Le court survol de ces différentes croyances ne permet-il pas de considérer la Terre sacrée, confiée, partenaire de l’être humain? Un tel regard spirituel sur la nature ne semble-t-il pas prôner sa protection et sa préservation? Le discours de ces sagesses ancestrales (qui se ressemblent malgré les différences) éclairerait peut-être les consciences de ceux et celles qui veulent bien les accueillir en vue d’une conduite écologique sociétale responsable.

 

En ce troisième millénaire, entamé avec une sombre crise écologique à l’horizon, serions-nous prêts à réviser notre être-au-monde et notre relation avec la nature de laquelle nous dépendons? La source de la vraie crise ne serait-elle pas plutôt intérieure et spirituelle à cause de notre manque de respect et éloignement des limites de la nature? Ne serait-ce pas le reflet de ce qui se passe en dedans de nous?

 

La nature n’est pas présentée, par aucune de ces religions, comme un simple decorum ni comme une mine de ressources à exploiter sans mesure. Pourquoi alors persister à la chosifier aujourd’hui?

 

Bernard Anton, Ph. D. et auteur de Plaidoyer pour la Terre et les Vivants

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giecLe grand public n’est pas très au courant de la controverse scientifique verte qui est pourtant bien réelle et bien vive. Les médias, qui couvrent généreusement les conférences de l’ONU sur l’environnement, font de ces informations diffusées à l’échelle de la planète une source officielle, voire une référence solide, une vérité immuable qui forme l’opinion publique. Ensuite, peu de voix osent protester ou critiquer ces grands créneaux de pensée au risque d’être marginalisées.

 

Malgré le nombre impressionnant de scientifiques (presque 2 000) qui oeuvrent au sein du GIEC, organisation environnementale de l’ONU (je les félicite en passant pour leur beau travail), le consensus est loin d’être atteint entre les experts, même entre ceux cités par l’ONU comme étant favorables à ses rapports. Je trouve ça correct et normal. C’est ainsi que la science évolue.

 

Des chercheurs, pourtant tous bien verts, ne sont pas d’accord entre eux sur divers chiffres et conclusions publiés dans les derniers rapports du GIEC. Tantôt ils leur reprochent leur réserve, tantôt leur exagération, tantôt leur méthode faillible et imparfaite, tantôt l’imprécision des prévisions de leurs modèles numériques qui n’incluent pas les variations et phénomènes géologiques, tantôt leurs fausses statistiques sur la température, tantôt leur politisation, même leur parti pris. Voici quelques cas de figure qui nous incitent à développer une «lecture juste, éclairée et objective» de l’impact anthropique (dû à l’activité humaine) et de l’impact de phénomènes naturels (cycliques ou ponctuels) sur le climat :

 

· Plusieurs prestigieux chercheurs et institutions s’opposent ouvertement aux rapports du GIEC tels : l’Institut Pasteur (Paris), l’Université de Londres, Patrick Frank, the National Academy of Sciences, the American Physical Society (APS), etc. Ils reprochent, entre autres, aux prévisions du GIEC d’être timides et réservées. Les quatre rapports publiés jusqu’à maintenant seraient, selon ces sources, mitigés afin de convenir aux politiciens et aux gouvernements et ne pas trop choquer l’opinion publique. En effet, les rapports du GIEC ne sont publiés qu’après les avoir envoyés aux grandes puissances et qu’après avoir reçu leur consentement ! Les chiffres réels publiés concernant, par exemple, la hausse des températures et du niveau de la mer seraient bien plus graves. Paul Joseph Crutzen (Prix Nobel de chimie) avoue à ce propos : «Si les prévisions du GIEC souffrent d’un défaut, c’est d’être conservatrices.»

 

· Des universitaires australiens démontrent que le réchauffement des océans pour la période 1960-2000 a été supérieur de 50 % aux chiffres utilisés et publiés par le GIEC, lesquels chiffres seraient biaisés à cause d’un mauvais calcul ou d’un compromis.

 

· Des scientifiques britanniques, du British Antarctic Survey, dont Julian Scott, attribuent, en février 2008, la fonte des glaciers à une activité volcanique qui se produit sous les banquises et à des points chauds (hotspot) dus à la minceur de la couche terrestre qui laisse émerger parfois la chaleur du magma géothermique.

 

· L’impact du dioxyde de carbone sur la fonte des glaciers ne fait pas l’unanimité. Alors que la majorité des scientifiques attribuent la responsabilité du réchauffement climatique au CO2 qui fait fondre les glaces, des chercheurs de l’Université de Cardiff (Angleterre), qui ont publié les résultats de leurs études dans le journal Geology, en doutent. Les archives et les examens de carottes glaciaires indiquent, selon ces derniers, qu’à quelques reprises, il y a 70 000 ans ou 120 000 ans, les glaciers avançaient même quand les concentrations de CO2, produites naturellement à l’époque par les organismes vivants, les activités volcaniques ou les phénomènes géologiques, étaient deux fois plus importantes que les niveaux actuels dans la biosphère.

 

· Les glaciers n’auraient pas diminué durant les années 90 selon le Département d’Océanographie à l’Université Göteborg (Suède). Un rapport publié dans le Journal of Geophysical Reserach par des spécialistes français et suisses en hydrologie et en glaciologie de l’Observatoire des Sciences de l’Univers de Grenoble (OSUG), avec la collaboration des Programmes européens ALPCLIM et CARBOSOL et la ville de Chamonix, allèguent en juin 2007 que le Mont Blanc n’est pas affecté par les changements climatiques du XXème siècle.

 

· La température dans la région des glaciers de l’Antarctique aurait commencé à se réchauffer depuis 150 ans, selon David Schneider de l’Université de Washington qui soutient cette hypothèse dans le Geophysical Research Letters (donc bien avant l’ère industrielle et nos émissions excessives de GES) et a commencé à refroidir dans les années 1990. Ce refroidissement est dû, selon lui, au phénomène de l’Oscillation (oscillations entre les phases positives et négatives de la pression atmosphérique dans les latitudes du sud).

 

· Des chercheurs attribuent plutôt à El Nino qui était très actif durant les 20 dernières années, réchauffant de 14 degrés les eaux de l’océan Pacifique et entraînant des pluies diluviennes, la responsabilité de la fonte des glaciers de l’Amérique du Sud.

 

· Un bon nombre d’experts affirment, à contre-courant, que le couvert (épaisseur et volume) de glace en Arctique, et un peu partout dans le monde, a augmenté ces dernières années[1]. Contrairement aux prévisions de réchauffement climatique du GIEC, ceux-ci prévoient le début d’une nouvelle ère de glaciation.

 

· Des scientifiques britanniques de Cape Verde Observatory attestent qu’une réaction océanique chimique favorable, plus active que prévue, riche en hydroxyle et planctons, est en train de nettoyer l’atmosphère et absorber le redoutable méthane. D’autres chercheurs des Universités Leeds et York qui ont mesuré la diminution du taux d’ozone dans l’océan Atlantique tropical confirment ces mêmes résultats.

 

· L’Astronomical Society of Australia annonce pour les 30 prochaines années, contrairement à toutes les prévisions des rapports du GIEC, un refroidissement global dû à la diminution de l’activité solaire[2] et à un changement dans sa fréquence de rotation. La Space and Science Research Center (SSRC) déclare en juillet 2008 que la Terre a commencé son ère de refroidissement climatique malgré les records de réchauffements isolés.

 

· Une étude[3] sur le climat de l’Université de Rochester (David H. Douglass), de l’Université de l’Alabama (John R. Christy) et de l’Université de Virginie (S. Fred Singer) témoigne de changements climatiques cosmiques, dans presque tous les coins du système solaire, de Mars à Pluton, de Jupiter aux lunes de Neptune. Les variations des activités du soleil en seraient le premier responsable.

 

Malgré les différences parfois importantes dans la découverte et connaissance de la très complexe machine climatique tributaire de plusieurs facteurs interreliés et de chaînes d’effets (le champ magnétique solaire qui affecte le flux de rayons cosmiques vers la Terre qui affecte à son tour la formation de nuages et les vapeurs d’eau), malgré les quelques opinions qui minimisent l’empreinte écologique de l’activité humaine, malgré cette controverse qui est loin d’être terminée, j’estime que nous ne pouvons toujours pas pratiquer la politique de l’autruche devant l’état pitoyable de la biosphère et le haut degré de pollution (particules fines, pics de smog surtout en milieu urbain), dû essentiellement au CO2[4].

 

Peut-on ignorer les deux milliards additionnels de tonnes de carbone, émises en l’espace de dix ans dans la mince couche d’air (fermée et limitée) qui nous entoure ? L’utilisation accrue et plus rapide que prévue de combustibles fossiles fait que les GES s’accumulent, empoisonnent l’air ambiant et en altèrent à long ou moyen terme la composition chimique. Ces milliards de tonnes de carbone causent des maladies diverses, se transforment en pluies acides qui endommagent la végétation et polluent les cours d’eau. Les effets graves, dus directement au CO2, sur la santé publique (quoi de plus précieux que notre bien-être !?) peuvent-ils être négligés ?

 

Ces gaz qui forment une couche de plus en plus épaisse autour de la Terre la prennent en otage. Ils serrent l’étau autour de notre planète, soit en la réchauffant par l’effet de serre, soit en la refroidissant par l’effet de nuages opaques qui empêcheraient les rayons du soleil de réchauffer la Terre (comme dans le cas du soufre dégagé par les volcans en éruption).

 

Si des facteurs naturels et cycliques du changement climatique échappent à notre contrôle, je pense que nous avons tout de même une part de responsabilité immédiate pour ne pas provoquer davantage de perturbations et empirer la situation.

 

Il serait, tout compte fait, absurde de ne pas préserver notre environnement et de ne pas empêcher la dégradation des écosystèmes. Il serait irresponsable de s’entêter à surexploiter, à surpolluer et à surépuiser notre environnement et notre biosphère indéfiniment et égoïstement, connaissant bien qu’ils sont fragiles et bien limités. Ce serait comme négliger d’entretenir sa maison et la garder propre sous prétexte que la foudre un jour la frappera !

 

Donc, oui, les activités humaines ont un impact direct sur l’environnement, oui aussi pour les activités cycliques, solaires et cosmiques hors de notre portée qui affectent également notre environnement. Reste à savoir quelle proportion de responsabilité accorder aux facteurs humains et/ou naturels. Ça peut varier entre 20 et 90 %, selon les experts !

 

Cette réflexion n’est pas pour dénigrer les louables accomplissements du GIEC qui s’est mérité dernièrement le prix Nobel (partagé avec Al Gore), mais pour tout simplement être conscients de la vision autre de plusieurs scientifiques qui expliquent les choses différemment. C’est, selon la méthodologie classique : proposer la thèse, reconnaître l’antithèse, avant d’établir sa synthèse. À vous maintenant de tirer votre synthèse.

 

Bernard Anton (BEN)

 

 

[1] Cf. Pour la longue liste des glaciers en expansion : www.iceagenow.com. Voir aussi la revue Science (Janvier 2002) qui avance que des glaciers dans certaines régions de l’Antarctique s’épaississent.

[2] John L. Casey, directeur du SSRC, parle d’hibernation solaire.

[3] Source : International Journal of Climatology du Royal Meteorological Society.

[4] Un exemple flagrant, tout récent : Pékin ferme presque la moitié de ses usines et limite la circulation de ses voitures durant près de six mois, avant les fameux jeux olympiques, afin de diminuer le CO2 et d’autres polluants de son atmosphère. C’est un succès. Les athlètes peuvent respirer et performer ! C’est une autre preuve de notre impact sur notre environnement.

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apu-3-y4quazkl5tiqrd3azp6loirkMon domaine c’est la Terre      Je voyage depuis des millénaires      partout dans la troposphère      Des milliards de personnes m’inspirent m’expirent      des millions de fois      à chaque respiration depuis des      générations

Je suis atome voyageur      poussière minérale végétale      animale      me transforme      me métamorphose      demeure indissoluble      à travers les âges      les formes

J’étais là lors du big-bang      lors des premières activités volcaniques      Je fais partie des premières cellules      des premières vies minuscules      Je suis dans tous les organismes      dans tous les processus photosynthétiques      Les nuages le vent la pluie les ruisseaux      me transportent      me fécondent      Je les féconde      J’atteins les extrémités du monde

Je suis un sous-élément de tout ce qui vit      Je capte les polluants toxiques      les gaz chimiques que vous me crachez      BPC CFC DDT DID

Je suis en continuelle pérégrination      Je m’insère dans la chaîne alimentaire      dans votre système immunitaire      loge dans votre cerveau      Ne me polluez pas      Vous m’ingurgitez      Il n’y a aucune dérogation

Je suis votre lien avec      les générations présentes passées futures      Je suis votre premier et dernier souffle       la matière la plus chère      pourtant gratuite      absolument nécessaire      Je maintiens vivante votre planète

Ne vous racontez pas d’histoires mensongères      Ne vous cachez pas dans vos tanières      Votre vie dépend de ma qualité      Je suis votre      air

 

Bernard Anton (BEN)

Slam pour l’air de la Terre

Extrait de Slams de l’âme – nouveauté aux éditions l’Harmattan, 2008

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