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Archive for the ‘CO2’ Category

La géoingénierie est une nouvelle discipline qui consiste à étudier les sciences de la Terre (sol, eau, air) en vue de concevoir de nouvelles techniques pour contrôler les phénomènes naturels à l’échelle du globe terrestre. Il y a quelques années, leur langage était étiqueté de « futuriste. » Plus maintenant. L’Université de Toulouse en a fait sa spécialité.

Voici quelques exemples de solutions avant-gardistes proposées par cette récente branche d’ingénieurs en vue de contrer les bouleversements climatiques planétaires d’envergure :
• voiler la stratosphère avec des aérosols d’aluminium ou de soufre dans le but de retenir les rayons du soleil,
• installer en orbite des satellites miroirs ou des parasols géants pour réfléchir le rayonnement solaire,
• transformer le CO2 en calcaire en intégrant le bicarbonate de soude comme catalyseur,
• modifier le carburant des avions pour qu’ils laissent un ruban de brouillard dans le ciel,
• blanchir les nuages en les pulvérisant d’eau salée afin qu’ils aient un «effet parasol» et qu’ils réfléchissent davantage la lumière du soleil,
• augmenter de 30 % la réflectivité de la terre (albedo) en installant des toiles blanches (films réfléchissants) sur les océans et les déserts,
• fertiliser les océans par injonction de fer pour multiplier la quantité des phytoplanctons qui absorbent le CO2,
• faire monter à la surface les eaux froides des océans à l’aide de 134 millions de tuyaux verticaux maintenus avec des bouées et activés par des pompes afin de développer les algues marines et autres organismes qui absorbent le CO2,
• etc.

Quelques scientifiques suggèrent, à titre d’essai, une application au moins locale immédiate des solutions de la géoingénierie en Arctique, par exemple, pour arrêter la fonte des glaciers. Ce serait, disent-ils, un test pour vérifier leur efficacité et leurs autres retombées (effets secondaires) éventuelles.

Les grands ténors des modes d’interventions proposés par la géoingénierie, sont J. Crutzen (Prix Nobel de chimie), Ralph J. Cicerone (président de l’Académie des sciences américaine, NAS), Alvia Gaskill (président de Environmental Refrence Materials), John Schellnbuller, Ken Caldeira.

D’autres experts, pourtant aussi verts, crient au scandale et mettent en garde contre de telles manoeuvres qu’ils qualifient de jeu dangereux d’apprentis sorciers. Ils refusent de traiter la biosphère comme un géant laboratoire de verre.

Ceux qui décrient les solutions audacieuses de la géoingénierie sont, entre autres, Jean-Louis Fellous, Olivier Boucher, Yoram J. Kaufman, Catherine Gauthier, Hervé Le Treut. Ces derniers les qualifient de spéculatives, théoriques, inefficaces, ambitieuses, hors prix, frôlant la science-fiction, même de « fausses solutions miracles », avec des retombées encore plus graves.

Vu la complexité de la machine climatique, ces opposants à la géoingénierie locale, partielle ou planétaire, affirment qu’ils ne savent pas comment les forêts, les nuages, les océans réagiraient face à ces manipulations artificielles qui comptent refroidir la biosphère, transformée en «technosphère» ou «palais de cristal» selon les paroles de Peter Sloterdijk. Ces solutions ne réduiraient pas le CO2 et entraîneraient une acidification prononcée des océans.

D’autres scientifiques, comme Jean Jouzel (médaille d’or du CNRS), s’élèvent contre le stockage du CO2 dans la mer, hautement acidifiée. Ils estiment ce processus dangereux et instable. Ces paris pourraient dégrader encore plus l’état de la biosphère et des écosystèmes. Les effets collatéraux sont inconnus. Ces «derniers rêves prométhéens» cacheraient, selon ces opposants, une volonté de ne pas ratifier le Protocole de Kyoto !

Les partisans de la géoingénierie sont accusés de préférer inventer des «ultrasolutions» plutôt que de réduire leurs émissions de GES et de réviser leur mode de vie !!! Ils sont blâmés d’admettre qu’ils sont impuissants d’éradiquer le CO2 de l’atmosphère, alors ils lorgnent du côté des alternatives planétaires extrêmes!

J. Crutzen répond qu’il espère ne jamais utiliser ces moyens, qu’ils sont seulement de dernier recours.

Définitivement, les experts en environnement ne chôment pas depuis près de deux décennies ! Quelles interventions miraculeuses faut-il envisager ? Quand, à quel coût… pour pallier à ce qu’on appelle déjà dans certains milieux écologiques très sérieux le compte à rebours ?

Bernard Anton (BEN)

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alguesAprès le maïs, le blé, la canne à sure, le soya, la pomme de terre et la betterave, d’autres plantes sont également transformées en biocarburants. Ces richesses naturelles, adoptées comme substitut au pétrole, alors que leur vocation première est de nourrir les gens, ont fait un tollé controversé dans les médias ces derniers mois. Cette fois-ci, c’est de végétation non comestible qu’il est question, donc, qui n’enlève pas de nourriture de la bouche des affamés, mais…

Les algues microscopiques, organismes en suspensions dans l’eau composés de cellules indépendantes, captent le CO2 (responsable, comme on le sait, de l’effet de serre) et aussi l’énergie du soleil et l’emmagasinent. Leur cellule, sans membrane, contient de la chlorophylle A qui produit de l’oxygène par le processus de la photosynthèse. Comme les plantes, elles purifient l’air. La science est capable aujourd’hui de transformer facilement l’énergie solaire captée dans ces cellules en carburant à peu de frais.

Des chefs de pétrolières américaines sont déjà impliqués dans cette nouvelle écoindustrie. Ils mettent au point des bioréacteurs alimentés avec cette gelée verte. Ces algues contiennent des sucres et de l’huile aisément convertissables en biodiesel. Boeing compte incorporer cet algocarburant au kérosène utilisé dans ses moteurs d’avion.

Cette nouvelle découverte, va-t-elle déclancher un nouveau débat entre les tenants de la fertilisation urgente des mers en vue de la multiplication des planctons (sorte d’algues) qui sont des séquestreurs naturels de gaz carbonique et les tenants de la nécessité de trouver d’autres alternatives au pétrole ? Sacrifierait-on les algues, comme on sacrifie les arbres, pour leur donner une autre fonction jugée plus utile ou plus rentable ? L’essence l’emporterait sur l’air pur une fois tous les deux pesés sur la balance ?

D’un autre côté, les déchets des usines de jus d’orange (pulpe, pelure, jetées jadis aux poubelles) sont également valorisés et exploités maintenant comme matière première en raison de leur haute teneur en sucre. Après quelques jours de fermentation, ces déchets organiques sont prêts à produire du bioéthanol. Les plus grandes usines qui fabriquent de l’essence avec les restes des oranges sont situées à Valence (Espagne), royaume des orangerais. Cette nouvelle industrie y a créé beaucoup d’emplois, a revitalisé l’économie chancelante de la région et a rendu possible le travail proche du lieu de résidence d’un grand nombre de citoyens. C’est dans ce haut lieu de récupération et de revalorisation que le GIEC a décidé de se réunir, février dernier, et de publier son quatrième rapport.

Un jour peut-être, les algues bleues qui envahissent les plans d’eau, entreraient, avant leur prolifération (100 000 cellules par millilitre d’eau et plus) et avant leur vieillissement qui les transforme en toxines, dans cette catégorie de ressources naturelles prisées pour leur potentiel de séquestrer le gaz carbonique ou de produire éventuellement de l’énergie pour les moteurs.

Bernard Anton (BEN)

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